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36 APERÇU HISTORIQUE DE L'EGYPTE fissent partie du ministère égyptien. Mais d'un autre côté, acculé à la nécessité de tenir ses engagements, Ismaïl créa une opposition dans la Chambre des Notables et congédia le ministère européen. La France et l'Angleterre demandèrent à la Porte la destitution d'lsmaïl et l'obtinrent (26 Juin 1879). Seize ans après, Ismaïl mourut à Constantinople où il était resté dans un état voisin de la captivité.

Le règne de son fils Tewfik, d'un naturel débonnaire, paraissait devoir être des plus tranquille. Le nouveau Khédive débuta par la réunion de l'ancienne commission européenne qui prit le nom de Commission de liquidation. Les finances égyptiennes furent réorganisées, la dette flottante fut consolidée, les biens des Daïras des princes khédiviaux, qui détenaient un cinquième du territoire égyptien, furent rendus à l'Etat. Mais le nationalisme égyptien souffrait de l'ingérence européenne dans les affaires de l'Etat. L'antagonisme entre le Khédive qui, dans l'intérêt du pays favorisait le développement de l'influence européenne, de sa culture et de ses capitaux, et le particularisme égyptien arriva à une phase aiguë par suite de l'intervention de l'armée, sous l'impulsion d'Arabi pacha. L'Europe s'émut du danger que couraient los énormes intérêts européens engagés dans le pays. Une conférence fut réunie à Constantinople et la France et l'Angleterre envoyèrent leurs flottes devant Alexandrie (mai 1882). La ville se mettait en état de défense. L'amiral anglais, lord Seymour, donna l'ordre de cesser les fortifications de terre, sous la menace d'ouvrir immédiatement les hostilités. La flotte française, à la suite d'un vote du parlement, motivé par un discours de Clémence au, se retira. La flotte anglai~>e bombarda les forts d'Alexandrie (11-12 Juillet). La révolution militaire s'était emparée du pouvoir, le Khédive et les Consuls étrangers s'étaient réfugiés à Alexandrie sous la protection du feu de la flotte anglaise. La Grande Bretagne après avoir sollicité en vain le concours armé de la Turquie, de la France et de l'Italie, décida d'agir toute seule. Le général anglais Garnelt Wolseley enleva d'assaut le camp fortifié d'Arabi, à Tell-el-Kébir (13 Sept.). Marchant à franc étrier, la cavalerie anglaise parut la nuit même au Caire et évita le sac de la ville. Tewfik pacha fut ramené au Caire par les troupes britanniques et son autorité fut rétablie. Arabi, jugé par un conseil de guerre et condamné à mort, fut gracié par le Khédive, qui commua en exil la peine capitale.

Le rebelle fut déporté à Ceylan; il rentra dernièrement au Caire où il est mort en 1912.

TROISIÈME PÉRIODE.- L'Egypte sous le contt·6le anglais (1882).- L'Angleterre entreprit alors la lâche de rétablir l'ordre et la tranquillité dans le pays et d'assurer définitivement la garantie des intérêts européens en Egypte.

Le but de l'occupation anglaise en Egypte a été clairement établi dès les premières années de l'occupation par les déclarations de plusieurs hommes d'Etat du Royaumf::-Uni. Lord Dufferin, envoyé en Egypte, élabora un projet de réorganisation administrative qui fut, en grande partie, mis en pratique. L'Angleterre proposa alors à la Turquie d'arrêter les termes d'une convention qui devait fixer la date de l'évacuation anglaise d'Egypte et les conditions que l'Angleterre était en droit d'exiger pour garantir les intérêts européens en Egypte. Les termes de cette convention arrétés d'accord entre le commissaire anglais, sir H. Drummond Wolff, et la Sublime Porte, ne furent pas ratifiés par le Sultan. L'Angleterre dut alors se consacrer seule à la tâche de réorganisation de l'Egypte en y instaurant, selon la phrase de lord Granville, • les éléments de l'ordre et du progrès •. Après la réorganisation des finances, la préoccupation da gouvernement égyptien et de ses conseillers anglais se tourna vers l'irrigation du pays, dont dépend la culture du colon et la richesse de l'Egypte. De grands travaux furent exécutés en ce sens. Un grand barrage fut construit à la première cataracte du Nil à Assouan, et tout le pays fut sillonné par un réseau de canaux portan1 l'eau jusqu'aux points les plus reculés et les plus élevés de la vallée du Nil. De nouveaux projets d'inigation sont en voie de réalisation et le barrage d'AEsouan vient d'être surélevé, afin d'emmagasiner l'eau nécessaire pour alimenter tout le réseau, même en cas de crue insuffisante. Ayant assuré l'existence matérielle du pays, le gouvernement s'est occupé de la réforme judiciaire, de la sécurité publique et de l'instruction, qui constituent encore aujourd'hui les problèmes de l'administration égyptienne.

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