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APERÇU HISTORIQUE DE L'EGYPTE 35 nelle de l'armée turque. Missolongi, dernier rempart de l'indépendance hellénique, fut enlevée par Ibrahim. Mais la cause de l'hellénisme avait trouvé des partisans en Europe. L'Angleterre, la Russie et la France anéantirent à Navarin, en 1827, la flotte turco-égyptienne. Ainsi finit la campagne égyptienne en Grèce, qui avait duré trois ans.
A la suite d'un démêlé avec le Pacha de St.-Jean d'Acre, Mohamed Aly profitant de la faiblesse de la Turquie, qui venait d'être battue (1829) par la Russie, envahit la Syrie. Ibrahim Pacha qui commandait l'armée égyptienne, ne fit qu'une promenade triomphale jusqu'en Anatolie. Mais la Turquie ayant fait appel à l'Europe, Mohamed Al y dut accepter la paix de Koutahia (1833) qui le privait du fruit de toutes ses victoires. Le pacha d'Egypte ne perdit pas courage. Arrêtées au Nord, ses armées d'Asie prirent la route de l'Arabie. Ses conquêtes réveillèrent la jalousie du Sultan. Une armée turque marcha contre Ibrahim. Elle fut battue à Nisel, sur l'Euphrate (1839). Dans les rangs de l'armée turque se trouvait un colonel allemand, qui devint plus tard le feldmaréchal de Moltke. La Turquie essaya alors de porter la guerre en Egypte. Mais l'amiral ottoman Ahmed pacha passa à Mohamed Aly avec toute sa flotte. Les succès du pacha d Egypte menaçant de rompre l'équilibre européen avec la disparition de la Turquie, l'Europe décida d'intervenir. La même année, 1840, un corps expéditionnaire austro-anglais battit Ibrahim dans le Liban et une flotte anglaise parut devant Alexandrie. Une conférence fnt réunie à Londres à l'effet d'examiner la question égyptienne, et le 1er Juillet 1841, la Porte octroya à Mohamed Al y, en conformité de ses décisions, un firman d'investiture lui conférant le pachalik d'Egypte à titre héréditaire, moyennant un tribut à payer à la Sublime Porte et certaines limitations. En Novembre 1848, Ibrahim pacha mourait, et quelques mois après (2 août 1849) son vieux père le suivait dans la tombe.
Abbas Ier, neveu de Mohamed Aly, règna cinq ans et eut pour successeur Saïd pacha, quatrième fils du grand fondateur de la dynastie. Le règne de ce prince fut surtout remarquable par l'aide qu'il donna à Ferdinand de Lesseps dans le percement du Canal de Suez. Disons aussi que Saïd pacha fut le premier à lancer en Europe un emprunt égyptien.
En 1863, Ismaïl pacha, fils d'Ibrahim, monta sur le trône. Il est encore difficile de porter sur ce prince un jugement exact. De culture européenne, d'esprit éclairé, de tempérament exce~sif, Ismaïl pacha fut illustre par le bien qu'il fit à son pays et par le mal qu'il lui causa. Continuant à prodiguer à de Lesseps la protection que lui avait accordée son oncle, Ismaïl put inaugurer, en 1869, le Canal de Suez.
Sept ans après, grâce à l'initiative et à la constance de son ministre, Nubar pacha, Ismaïl créa en Egypte les tribunaux mixtes. Par une série de firmans qu'il sut obtenir de la Sublime Porte et qui sont résumés dans le grand firman du 8 Juin 18i3, Ismaïl modifia profondément, à son avantage et à l'avantage du pays, le statut politique de l'Egypte. Il obtint que la loi musulmane de succession fut remplacée par la loi salique, il obtint le titre de Khédive et le rang de Grand Vizir, il obtint que le Cadi d'Egypte, la suprême autorité religieuse, créé par le Sultan, restât à Stamboul et que son repré-sentant en Egypte ne soit nommé qu'au gré du gouvernement égyptien; il acquit la reconnaissance et l'attribution de toutes les conquêtes africaines faites par ses prédé-cesseurs et par lui ; il obtint enfin une plus grande liberté en matière de rapports internationaux, politiques et financiers. Mais tous ces succès ne purent être obtenus qu'au prix de sommes extraordinaires auxquelles vinrent s'ajouter les dépenses énormes nécessitées par le faste personnel du Khédive. Profitant de la sympathie de l'Europe, Ismaïl emprunta tellement que les ressources, pourtant bien grandes de l'Egypte, ne purent résister à ce fardeau écrasant. De 1876 à 1879, les événements se précipitèrent. lsmaïl ne put se soustraire à l'inévitable. Il dut accepter le contrôle européen sur les finances égyptiennes et créer la Caisse internationale de la dette égyptienne. Mais la Caisse pouvait contrôler les dépenses, non les recettes. Ismaïl nomma une commission européenne d'enquête, dont le président fut M. de Lesseps et dont fit partie le major Baring (Lord Cromer). Cette commission fit un rapport et conclut à des propositions. Jsmaïl accepta tout; il accepta même que l'anglais Wilson et le français de Blignières