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34 APERÇU HISTORIQUE DE L'EGYPTE d'Egypte. Le 1 cr Juillet 1798, le Premier Consul se présentait sous les mms d'Alexandrie. Les victoires de Bonaparte se succédèrent en Egypte avec la rapidité foudroyante dont il était coutumier. Les Mamelouks sont mis en déroute à la bataille des Pyramides et le général français entre au Caire. Napoléon avait emmené à sa suite des savants qu'il chargea de l'exploration scientifique du pays, parmi lesquels on cite Monge, Berthollet, Champollion, Geoffroy-St.-I-Iilaire, etc. Desaix s'empare de la Haule-Egypte et Bonaparte pénétre en Syrie, où, près du Mont Thabor, avec 4.000 hommes, il bat 25,000 Turcs. Mais la flotte de l'amiral anglais Nelson avait détruit à Aboukir la flotte française. La fortune de la jeune République française exigeait la présence de Napoléon sur l'échiquier europée'n. Le premier consul, échappant à la vigilance de Nelson, rentra en France. Kléber, laissé en Egypte, battit les Turcs à Matarieh, mais tomba sous le poignard d'un fanatique. Une armée anglaise commandée par sir Ralph Abercromby reçut la capitulation du corps expéditionnaire français.
La Turquie envoya alors en Egypte Mohamed pacha Kousrouf pour rétablir sa souveraineté dans le pays. Kousrouf emmenait avec lui un jeune officier albanais, Mohamed Aly, qui ne tarda pas à se distinguer par son courage et son intelligence. Né en 1769, à Kavala, en Roumélie, Mohamed Aly était le fils d'un agha de police de celte ville. Le gouverneur de la ville, qui avait su distinguer ses mérites, lui donna sa fille en mariage et le promut capitaine. C'est en cette qualité qu'en l'année 1800, Mohamed Aly, surnommé le Bonaparte d'Orient, mit pied dans cette Egypte qui devait ensuite devenir son royaume. En trois ans, Mohamed Aly sut gagner l'estime de son chef et l'admiration de ses ennemis. Mais la jalousie s'en mêla et Kousrouf voulut le faire prisonnier. Mohamed Aly prit une décision rapide et profitant des bonnes dispositions des Mamelouks à son égard, il s'empara du pacha et l'enferma dans la citadelle. Mohamed Aly était devenu virtuellement le souverain du pays ; les ulémas d'El-Azhar se chargèrent de le sacrer. Le 3 Août 1805, cédant aux prières de la population du Caire, ils déclarèrent solennellement Mohamed Aly Pacha d'Egypte.
DEUXIÈME PÉRIODE. -L'Egypte vassale de la 'l'urqwie (1805-1882). -Mohamed Aly, devenu pacha d'Egypte par la volonté du pays, fut reconnu en celle qualité par la Sublime Porte. Mohamed Aly, dont l'ambition égalait le génie, comprit qu'avant tout il lui fallait a)Ssurer à l'Egypte l'ordre et la tranquillité. Son premier soin fut d'organiser le pays, de remettre en honneur la culture du sol qui avait été complè-tement délaissée (c'est lui qui introduisit en Egypte le coton) et de créer une armée nationale destinée à remplacer les troupes mercenaires, qui avaient été de tout temps une source de troubles et de désordres. Mohamed Aly ouvrit aussi le pays à la civilisation occidentale. Des savants européens, français surtout, go.lJicités par lui, vinrent s'établir en Egypte. Des missions scolaires furent envoyées à l'étranger. Le Caire s'embellit de plusieurs monuments parmi lesquels la grande mosquée de la Citadelle, une des plus belles d'Egyple. Des grands travaux d'irrigation furent exécutés en vue d'améliorer le rendement du sol. Le canal Mahmoudieh, qui traverse une bonne partie du Delta, amenait à Alexandrie le colon destiné à l'étranger. Alexandrie, qui était réduite à une simple bourgade, reprit son chemin ascendant. Mais ces excellentes mesures ne faisaient pas le jeu des Mamelouks, habitués à ne profiter que des troubles et des révoltes. En 1811, la Porte chargea Mohamed Aly d'une expédition en Arabie contre les Wahabites, qui avaient proclamé leur indépendance. Mohamed Aly réunit l'armée égyptienne et en confia le commandement à son fils, Ibrahim pacha. Mais le départ d'Ibrahim avec toute l'armée aurait livré Mohamed Aly aux Mamelouks. Aussi conçut-il le dessein de s'en débarrasser. Le 1er Mars, il convia tous les chefs mamelouks à la Citadelle pour fêter le départ de l'armée; quand ils furent tous réunis en habit de fête et sans armes, Mohamed Aly les fit massacrer par ses Albanais. Ces derniers constituant à leur tour un élément de désordre, Mohamed Aly les envoya en Nubie et au Soudan, dont il avait entrepris la conquête.
La Grèce s'étant révoltée contre la domination turque, Ibrahim pacha, que ses victoires en Arabie avaient rendu célèbre, partit avec l'armée pour dompter l'insurrection. Les remarquables qualités d'Ibrahim et la supériorité de son armée eurent raison de l'héroïsme des Hellènes, auquel s'était heurtée en vain la bravoure tradition-