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APERÇU HISTORIQUE DE L'EGYPTE 33 l'Egyple plus civilisée sur l'Arabie encore sauvage enleva aux lieux où se déroula la vic du Prophète l'honneur d'être le siège de ses successeurs.
Pareil phénomène s'est vérifié plus tard pour Byzance, que sa grandeur et son prestige historique eurent pour effet de désigner à son tour comme le siège du Sultan de Turquie qui devint successivement Khalife et Commandeur des Croyants. L'Asie a perdu de la sorte ses privilèges en faveur de l'Afrique et de l'Europe. Avec Jérusalem, Slassa et la Mecque, l'Asie est restée toutefois le berceau mystérieux des religions humaines.
Le Khalifat égyptien fut à ses débuts très brillant. Le conquérant fonda au Caire la mosquée d'Al-Azhar, élevée bientôt au rang d'Université par EI-Aziz, fils de Mouizz. Grâce à la clémence de ses successeurs, le siège du patriarcat copte fut bientôt transporté au Caire, au centre du pays.
Les Fatimites furent tour à tour les ennemis et les alliés des Croisés. Le dernier des Falimites, rétabli dans son vizirat par les Kurdes, appelle les Croisés pour se débarrasser de ses trop encombrants bienfaiteurs, mais le chef kurde, Salaheddin Youssef Ibn Aiyoub, connu vulgairement sous le nom de Saladin, bat les Croisés et se fait proclamer Khalife. Le règne de Salaheddin marqua la période la plus brillante du moyen-âge égyptien. Sous ses successeurs, l'Egypte déchut lentement. Elle connut toutefois encore des heures de grandeur. Un de ses Khalifes conclut un traité avec Frérléric II et lui donna à bailla Palestine. Un autre fit prisonnier à Fareskour, Louis IX de France, qui avait remporté quelques jours avant un grand succès à Mansourah. Mais, depuis lors, les khalifes égyptiens tombent au pouvoir des Mamelouks, leurs émirs ou condottieri, des anciens esclaves achetés pour en faire des soldats. L'histoire égyptienne n'est qu'une suite de conspirations contre les Khalifes régnants que l'on veut remplacer par d'autres qui ont su se concilier les bonnes grâces de ces turbulents prétoriens. Mais pendant que le khalifat arabe se débattait aux prises avec ces difficultés, la puissance des Turcs s'affirmait tous les jours davantage.
Bientôt l'Asie Mineure n'étant pas suffisante à leurs aspirations de conquête, A rabes,Egyptiens et Turcs entrèrent en conflit. La tactique des sultans â'Egypte consistait à appuyer les prétentions de tous les ennemis du Sultan turc. Ce jeu de bascule dura jusqu'à ce que Sélim Jer, pour punir Touman bey, Sultan d'Egypte, qui avait prêté asile it Kourkouk, frère et rival de Sélim, envahit l'Egypte, prit le Caire d'assaut, en décima la population et réduisit l'Egypte au rang de simple pachalick turc.
TEMPS MODERNES PREMIÈRE PÉRIODE. -L'Egypte sotts la domination turque (1517-1805) -Non content d'avoir fait de l'Egypte une province ottomane, Sélim Jer sut forcer le dernier rejeton des Khalifes Abassides à lui céder le titre de Khalife ou vicaire du Prophète. A partir de ce jour le Khalifat devint héréditaire dans la dynastie des sultans de Turquie. La domination ottomane en Egypte donna une sorte de légalité au pouvoir effectif exercé déjà avant celte époque par les Mamelouks. Leurs chefs, sous le titre d'émirs et au nombre de 24, gouvernaient les provinces égyptiennes et payaient au pacha rlu Caire, délégué par la Sublime Porte, un tribut destiné à Constantinople. Ils etaient, en outre, tenus à fournir au Sultan, en cas de guerre, un contingent de troupes. En 1768, lors de la guerre avec la Russie, la Turquie ayant demandé à Aly bey, ancien esclave et gouverneur d'Egypte, d'envoyer un corps égyptien rallier les troupes ottomanes, Aly bey s'appuyant sur son armée profita des préoccupations du sultan Mom,tapha III, qui était serré de près par la Russie, pour se déclarer indépendant.
Mais cette lueur d'indépendance égyptienne fut de courte durée et ne fut guère heureuse. L'Egypte devenue le champ des rivalités des successeurs d'Aly bey vit bientôt ses ressources s'épuiser. En 1798, Mourad bey prétendit lever l'impôt de rachat ou capitation sur les étrangers, en conformité avec l'ancienne règle du droit musulman. Les consuls protestèrent. Bonaparte, qui voulait anéantir le commerce anglais dans la Méditerranée et faire échec à la puissance de l'Angleterre aux Indes, décida l'expédition