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32 APERÇU HISTORIQUE DE L'EGYPTE Mais déjà l'Egypte avait presque brisé les liens qui l'unissaient à l'Empire romain. L'anchevêque d'Alexandrie et les chefs coptes détenaient le pouvoir effectif sur la contrée. Un de ces chefs, Mokaukas, profilant des difficultés de l'Empire Byzantin, avait suspendu l'envoi des tributs à Constantinople et avait pris le titre de prince des Coptes. Il entra en relation avec le prophète Mahomet en qualité de souverain de l'Egypte. Lorsque, la 19e année de l'hégire, sous le Khalifat d'Osman, les Arabes conquirent l'Egypte, Mokaukas, trahissant le parti des Byzantins, passa avec tous les coptes elu côté d'Amrou, fils d'Elas, général des musulmans , et consentit à payer un tribut au Khalife.
MOYEN-AGE PREMIÈRE PÉRIODE. -L'Egypte sot.ts la domination des Khalifes A1·abes ( 640-968). Les trois siècles qu'embrasse cette période sont trois siècles douloureux pour l'Egypte. Bien que le • prince d'Egypte • ou chef des Coptes , Mokaukas, eut obtenu du général arabe la promesse que la vie et les biens des chrétiens d'Egypte, c'est-à-dire des Coptes, seraient respectés, on comprend facilement qu'un pays de plusieurs millions d'habitants ne passe pas d'une croyance religieuse à une autre, sans que ce passage soit marqué par une oppression systématique et par des massacres. La domination des Khalifes arabes ne fut donc pas favorable à l'Egypte , elle y fut même intolérable, sauf sous le règne d'Haroun-el-Rachid, le prince éclairé qui noua des relations avec Charlemagne et étonna les paladins par la munificence et la finesse artistique orientale. Les Coptes qui avaient obtenu des avantages pour eux-mêmes ne songèrent pas à Alexandrie où dominaient les Grecs dont ils étaient divisés par des dissensions religieuses. Alexandrie ne voulut pas se rendre à la discrétion du vainqueur. Aussi, lorsque Amar Ibn-el-As, général du Khalife Omar, arriva sous les murs d'Alexandrie, il se heurta à une résistance obstinée. Quatorze mois, dit-on, la ville résista à l'investissement des mmulmans, et quand elle dut capituler, le généralissime arabe s'étonna de la magnificence de ses monuments. L'histoire ne s'est pas encore définitivement prononcée sur la responsabilité de la destruction de la riche bibliothèque alexandrine, destruction que la tradition attribue, paraît-il, à tort au conquérant arabe. Quoi qu'il en soit, Alexandrie commença à décliner el ce déclin ne s'arrêta qu'au commencement du siècle dernier, où Mohamecl Al y creusa le canal Mahmoudieh et fit d'Alexandrie l'entrepôt de l'Egypte.
Par contre, ce fut avec la conquête arabe que commença l'histoire du Caire. Déjà dans les temps les plus reculés, une forteresse existait sur l'emplacement actuel de la Citadelle. Les Romains y avaient caserné une des légions en garnison en Egypte. Le général arabe fonda au pied de la Citadelle, du côté du Vieux-Caire actuel, une ville qui reçut le nom de Fostat et qui devint glorieuse ensuite sous le nom de Masr-el-Kahira, dont les marchands italiens ont tiré le nom: Cairo. Ce sont les ruines de cette ancienne ville qui donnent au Vieux-Caire l'aspect d'une Pompéï orientale et c'est là que vint mourir en 833 l'iman Mohamed Elm Edris el-Chaféi, l'un des quatre apôtres de la religion musulmane.
Trois dynasties dominèrent alors l'Egyple: celles des Omniades, des Abassides et des Toulounides. Haroun El-Rachid était Abasside. Par contre cetAhmed Ibn Touloun, qui s'émancipa du Khalife en se proclamant Sultan d'Egypte et étendit sa domination en Syrie et en Mésopotamie, était Toulounide. Ahmed Ibn Toulonn a fondé au Caire la mosquée qui porte son nom et qui est la plus ancienne d'Egypte. La tradition veut qu'on ait employé à la construction de cette mosquée le bois de l'arche de Noé retrouvée sur l'Ararat.
DEuxiÈME PÉRIODE. -L'Egypte siège du Khalifcd (968-1517). Gohar,général de Mouizz, Khalife de la famille des Fa limites, conquitl'Egypte et fonda la ville actuelle du Caire au nord de l'ancienne ville de la première conquête musulmane. Les Fatimites revendiquaient une noble descendance, car ils faisaient remonter l-eur origine à Fatima, fille de Mohamed. Mouizz transporta au Caire le siège de l'Empire et du Khalifat. De là, il étendit sa domination jusqu'en Syrie. Ainsi l'attraction exercée par