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APERÇU HISTORIQUE DE L'EGYPTE 31
dont Cornélius Gallus fut le titulaire. Les Ptolémées respectèrent les mœurs et les idées religieuses des Egyptiens et se présentèrent à eux comme les successeurs des Pharaons. Ils continuèrent les traditions de ces derniers et bâtirent ces nombreux temples dont nous citerons seulement ceux d'Edfou et de Dendera.
CINQUIÈME PÉRIODE- L'Egypte sous la domination romaine et païenne (31 av. J.-C. 337 ap. J.-C.) - L'histoire de l'Egypte sous la domination de Rome n'offre aucun fait saillant jusqu'au moment où avec les progrès du christianisme, la supériorité intellectuelle du siège patriarcal d'Alexandrie rendit à l'Egypte une person- nalité propre parmi les diverses provinces qui formaient l'Empire romain. Mais ceci nous occupera plus tard. L'Egypte, tout en perdant son indépendance, avait gardé une grande importance au double point de vue politique et économique. Elle était appelée le grenier de Rome; elle était l'entrepôt naturel du commerce avec les Indes. C'est de l'Egypte que partit Titus pour son expédition en Palestine qui se termina par la destruction de Jérusalem. Les dieux égyptiens, Isis surtout, eurent droit de cité dans l'Olympe romain. L'Egypte prit une part active aux guerres civiles qui affaiblirent l'Empire romain. Elle élut notamment plusieurs empereurs. Après avoir, en l'an 212 ap. J.-C., obtenu le titre de cives t·omani, les Egyptiens reçurent, un demi siècle après, une sorte d'autonomie. Pendant deux années (268-270), l'Egypte sort de l'Empire. Zénobie, reine de Palmyre, occupe la Basse-Egypte et les Blémyes la Haute-Egypte. Les guerres religieuses, les discussions théologiques portent au plus haut point l'autorité ecclésiastique du patriarcat d'Alexandrie. Le concile de Nicée (325 ap. J.-C.) marque l'apogée de cette autorité. Quelques années plus tard, Constantin le Gra,nd, chrétien, transforme l'administration égyptienne. L'Egypte devient un diocèse, divisé en six provinces: Egypte, Angustamnica, Heptanomis (ou Arcadie), Thébaïde, Haute et Basse-Egyple.
SIXIÈME PÉRIODE- L'Egypte sous la domincdion t·omaine, cht·étienne (337- 640 ctp. J.-C.) -La personnalité d'Athanase, archevêque d'Alexandrie, le grand adversaire du prêtre Arius du même diocèse, remplit les dernières années pendant lesquelles le christianisme eut encore à lutter avant d'être proclamé par Théodore religion d'Etat. La doctrine de la consubstantialité du Père et du fils, soutenue par l'Eglise alexandrine, triomphe sur l'Arianisme. Ainsi, pour la deuxième fois, Alexandrie impose au monde sa supériorité: d'abord par les arts, sous les Ptolémées, ensuite par la religion avec les Athanase et les Cyrille. C'est à cette époque (350) que remonte la plus ancienne traduction copte de la Bible. Julien l'Apostat s'oppose un instant au triomphe définitif du christianisme. La réaction, qui se fit sous son successeur, eut pour Alexandrie une conséquence désastreuse. La secte des iconoclastes y détruisit le Serapéum et les principaux monuments de la civilisation pharaonique et néo- hellénique.
En l'année 395, l'Empire romain se scinde, l'Egypte est attribuée à l'Empire d'Orient, dont la capitale est Constantinople, fondée par Constantin le Grand, afin de renforcer les frontières menacées par les barbares. Bien que faisant nominalement partie de l'Empire, elle devient de plus en plus autonome, grâce à l'importance acquise par le siège patriarcal d'Alexandrie dont les archevêques, Cyrille et Dioscore, remplissent de leurs savantes discussions théologiques l'aube du cinquième siècle. Hypathie, une hétaïre d'Alexandrie, accusée de paganisme, est mise à mort par les chrétiens. Mais au concile œcuménique de Chalcédonie (451) se produit le schisme des monophysites, ou de ceux qni croyaient qu'après l'incarnation il n'était resté en Jésus-Christ que la nature divine, et des diophysites, ou ceux qui croyaient que le Christ avait gardé les deux natures. L'Eglise romaine suit cette doctrine qui finit par triompher et par devenir une loi de l'Eglise catholique. Les Egyptiens restent fidèles à la tradition orientale, représentée par Eutychès, archimandrite de Constantinople, qui avait proposé et soutenu la doctrine du monophysisme. Ainsi naquit l'Eglise nationale égyptienne ou copte.
Au début du septième siècle, avant l'année 622, qui correspond à l'Hégire, com- mencement de l'année musulmane, Khosroés, roi de Perse, envahit l'Egypte et y régna quelques années. Héraclius, empereur romain d'Orient, rattacha l'Egypte à l'Empire