26 APERÇU HISTORIQUE DE L'ÉGYPTE
vint la rappeler à la vie un conquérant jeune et intelligent, qui avait de commun avec Alexandre le Grand la patrie et le génie: nous avons nommé Mohamed Al y.
* * * L'histoire de l'Egypte, comme celle de l'Europe, peut être divisée en trois grandes époques: antiquité, moyen-âge et temps modernes. Ces époques toutefois ne correspon- dent pas exactement, au point de vue chronologique, aux époques respectives de l'histoire de l'Europe, bien que les changements politiques qui les ont déterminées soient dérivés de la même cause.
Tous connaissent l'ancienneté de l'histoiré égyptienne. Avant les récentes conquêtes philologiques, le monde a cru longtemps que l'histoire de l'Egypte était celle de l'humanité la plus ancienne. Mais les découvertes de la science qui ont exhumé de la nuit des temps les races ancestrales de la Chine et des Indes n'ont rien enlevé à l'Egypte de l'avance considérable qu'elle conserve sur l'Europe. A l'époque où la légende place la fondation de Rome (754 av. J.-C.) l'Egypte avait vécu déjà vingt- cinq siècles de vie historique et elle vivait alors sous la XXIIe dynastie de ses Pharaons. Le Xerxès qui envahit l'Attique, ruina Athènes et se fit battre par les Hellènes alliés à Salamine (486 av. J.C.) était le neveu de ce Cambyse, qui, quelques années avant (525 av. J.-C.) avait conquis l'Egypte et mis fin pour des siècles à l'indépendance
asiatique à civilisation snpérienre. qui v amait introduit les cé 1·éales ct les métam. ct aurait pratiqui· l'agriculture et l'industrie. · C'est pent-ètre à eet.te race asiatique qu'on doit attribuer l'introduction en E:;ypte dn système religieux qui y a régné jusqu'à l'introduction du christianisme. :\'ous disons cxpressi!ment "système religiçux" et non "religion "• car il est impossible de rattacher il une seu le croyance, maintenue ü. tra,·ers les stecles, tons les mythes qui nans sont rüYetés par les monuments des dilférentes époques. Mais tous ces mythes et tontes .ces rroyances se rattachent foncièrement il nn système religieux unique, qui. quoitlue ayant reeu en Egy\Jte l'empreinte distincte du génie (Htrticnlier de ce peuple, n'en appartient pas moins /Jou r cela au pa nt 1éisme grossier de tons les peuples primitil's. Nans disons: le g(•nie particnlie1· de ce peup e, car il serait intèrnssant de rechcrdlCI' par quelles déformations snccessise.s ce meme
pantheisrr.le, qui a. pr~dnit en Grèce une .religion aussi sereine ct aussi plastique, a. abou ti, en Egyptr a une rehgwn toute d·ombres et de myst.eres, sn1· ta-quelle pla.ne !'Omme n.n ca uchemar la mort et le somhr<' an-delà . La déilication des objets extérieurs étant ta base elu pantheisme. il n'est pas étonnant qne dans cette terre de lumière le culte elu soleil se soit dévelop!Jé de bonne henre et ait primé tons tes autres. La divinité de l'astre du jour, sous tes appellatifs de Phtah, l è, -~ mmon, domine toute la mythologie égyptienne. Le culte de cet astre ne nous est pas rén)lé seulement pa.r les bas-reliefs et les peintures des am ~ iens monn!ncnts ; bien clasa.ntagc, il donne, lui-même, la form e aux monuments typirtues de l'arehitet:tnre i:gypt1enne: la.JJyramide et l'obelisque. La forme que présentent t~es monuments reproduit te sol~ il et ses ra:,:on_s descen ant sur la_IC!Te. Autour ~e cette diYinitè principale, le culte d es divinités locales et l e
fe~tcl!tsm e. d e~ peuples pnm1t1fs ont renm une foule d'autres mythes, dont 1l serait trop long rl.c fau·r 1n l'enumeratiOn. . Les Egyptiens. comme tons les penptcs de l'antiquité. a \·aient une conception matérielle de '·" \'le future. ~hus tandis que tes Hellènes, it l'esprit délié, teinté de sœpticisme, eonceYaient cette Yu' I_nture s31n ~ besoins matériels, tes E{;rPt.iens, (Jlus lourds et \1lus superstitieux, s'imaginaient qnc la vw lnture eta1t intimement liée à la uépouille mortelle et r1u'e te etait tmublée par tous les besoins dont la.. ~a.tisfaction nmd si dure ta Yie tenestre. C'est pour ce motif que les Egyptiens ont cu, dès l<t pre- mwre heut:e, le souc1 de conserver te corps de lems défunts et de le soustra11·e aux. acctclents ou a 1<! mechancete des hommes en le pla(:ant dans des chambres funéraires enfoncées sous la tcn·e, accompagn<'. d'oiTrandes destiné'es à. la. nourriture elu défunt et cl'autres etngies ltumaines, alin qu'il ci'lt le moyen de trom~e t· la monotonie de la yie nltra:terrestre. . . . . . . . . . Le court aperçn du svstcme reltgwnx egyptten, amst que tout œ qne t·on s;ut Lie cc peuple s1 intéressant, nous l'a \·ons ap1;ris des monuments qu'il nous a. · laissés. Ces mon1nne11ts sont surtout des temples et des tombeaU'(. Il n'y a pas de neuple lfUi ait r•onstrnit a utant de temples Ct de tombca.n\ que le peuple i>gyptien. Cela. tient essentie tement it son caractère extrêmement superstitieux. ~la.isaus~1 quelle b e;~utc ct qnelle perfection artistique ofl'rcnt ces mom1ments! Outre tes temples ct les tombt•,~n'\, nous possedons des restes de palais, aussi remarqnahles que ceux-là. En gcnéral, tout.es r·es const.ruet10ns a.l_l'ectent_les mèmes dispositions. Le temple est la maison de llieu, comme la tombe est l<t n! ;tis~n du
~lcfunt . Une salle on une eonr centrale, au fond cle t'habitation du maître. it droite celle de sa lanHll!J el a gauche_ celle de ses serviteurs, ,-oilù. le type fondamental des constructions égyptiennes. Les Eg_yptwus ne e~nna!ss:!1ent pas l'arc et la YoiHe : leurs constructions ne présentent que des ligne~ clwlte.s. La partte prmcJpa lc_ de la ~o n stru ction est le pytone carn), qui cle,·ient ensuite octogonal, poly eclr~ ou r~nll. (colonne) par sut te de Um10usscment de ses angles. La ('.olonne égyptienne est du type dtt lloreal, c.-a-d. qu'elle reprod111t avce son chapiteau la tige et les feuilles des Il em s égyptiennes, te lotus ~ t: le lys. . . Les pylônes, les colonnes et les par01s des monuments sont scnlpt.es en bas-reliefs on pemls a l'cneaustique. Ces representations <le la vic i:gyrticnne nons foumi ssent une idée de ec qu'elle i·tail dans ses mat:Jifestat.ions ordit_mires : scènes guerrières, funeraires, champêtres, familiales. Elles l!ons donnent une 1dec de l'mdustnc de t'C peuple, car souvent. elles reprodmse.nt des scencs rie t.ra\·,ul. c-;ous saYon~, d'ailleurs, r1uc les Egyptiens avaient porte it 1111 point assez élcYiJ l'art de l'éb(•nisterie, tic la verrene, de la menuiserie, de l'orfénerie, ete.
L'Egyptologie étant une seienee d'hier ct les fouilles qu i se pratit1ucnt actuellement en Egyplt• donnant lien tous les jours it rie ·nouvelles découvertes, on ne peut prédire ce que l'a,·cnir nans apprencl r~ encore sur la vie de ce peuple mervcillcn\ . 'his cc que nous en s ~ v ons déjà sulflt. il le f'iasser par111! les plus grands peuples de l'histoire.