Facsimile · p. 699
GG NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE.
Le Tzâdé n'a de rivages nettement définis que, vers son extrémité septentrionale, à la pointe du sommet que forme le grand triangle irrégulier des eaux. En cetendroit, des sables apportés par le vent alizé se sont élevés en dunes dont la base S'avance en promontoire dans le flot: du haut des monlicules mouvants on voit s'étendre au loin le nike boul'ou F'< eau blanche».
c'est-à-dire londe unie fuyant à perte de vue, sans îles intermédiaires, sans fourrés de roseaux où d'auires plantes aquatiques comme celles qui emplissait le nike tsillom où le eau noire » du littoral, Sur presque tout le reste du pourtour, on peut cheminer pendant des heures dans la direction du ae sans savoir où finit la terre, où commence la nappe lacustre, On lraverse des coulées marécageuses, puis encore d'autres bras, des lagunes sinueuses, des mares et des flaques, et loujours là où lon S'attend à voir enlin se dérouler la surface infinie de la mer ouverte, on n'aperçoit que des jonchères, des forêts de papyrus, des champs de lotus, des trainées de pislia stratiolis, les «herbes sans patrie >» qui flottent au hasard en nappes continues, plus vertes que les steppes de la côte voisine U l'est des bouches du Chari tout l'angle sud-oriental du ae, et plu € nord toute la partie voisine de la côte du Kâänem, sont occupés par des îleset des ilots qui, d'après Nachtigal, comprennent au moins un tiers de la surface du Tràdé.
Dans ces parages 1 n'y a pas de lac proprement dit, mais seulement un labyrinthe de détroits que Fon franchit d'île en ile. Les voyageurs qui se rendent du Baghiemi au Kânem n'ont aucune idée d'avoir traversé un lac et se plaignent seulement de Fétat des chemins tout coupés de fondritres où ils risquent de perdre leurs montures et leurs animaux de charge, L'archipel méridional, ensemble de buttes_ parsemées dans le marais, est appelé le pays de Karka. Définitivement asséchée, cette région offrirait un aspeel analogue à celut du Kânem, la terre ferme voisine, cù des collines verdoyantes, des bosquets fleuris alternent avee des espaces déboisés.
Ces eaux slagnantes, ces marais, ces îles, ces Tangues de terre ne permettent done pas de reconnaitre la vraie forme du lac, que modifient d'ailleurs singulièrement les oscillations annuelles causées par les crues et l'évaporation, Vu la faible profondeur d'eau pendant la période de létiage, ne serait pas étonnant que lai masse liquide du dé variät de moitié de Fune à Fautre saison, On sait par les récits des voyageurs que des espaces immenses du pourtour lacustre sont alternativement inondés et découverts; en maints endroits, des journées de marche séparent la rive d'hiver de la rive d'été, Outre les pluies, qui commencent à la fin de juin, le Taâdé reçoit Fexcédent des eaux du bassin que lui apportent les rivières.
Sur la rive nord-orientale, tournée vers les steppes et le désert, il ne coule Dh Et ne ct termes à