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FLORE ACORIENNE. 29
Canaries. L'ordre des palmiers, caractéristique des régions tropicales, manquait à l'archipel açorien, Les formes végétales qui prédominent aux
Açores sont les eypéracées, les graminées, les joncacées, toutes plantes qui conviennent à un climat humide; de mème on y rencontre beaucoup de
fougères, quoique toutes soient originaires d'autres contrées; enfin, les
sphaignes, recouvrant les cimes, forment par leur masse spongieuse autant
de réservoirs dans lesquels s'emmagasinent les eaux de pluie pour ali-
menter les ruisseaux de leurs fileis intarissables, D'épais gazons, comme
ceux de l'Europe occidentale, s'étendent sur les versants déboisés et contri-
buent à donner à l'ensemble de la flore et au pays un aspect européen :
nulle part on ne voit de steppes de caractère africain comme celles de Lan-
zarote, de Fuerteventura et d'autres terres canariennes,
Lors de l'arrivée des Européens, les pentes des montagnes étaient recou-
vertes de bois, Fayal, c'est-à-dire le « Faget » où la « Hétraie », dut son nom aux forêts que les marins confondirent avec des bois de hètres :
c'élaient des espèces d'arbousiers, le myrica faya des botanistes. Graciosa,
Flores, doivent ces appellations à la beauté de leur flore. Encore au com- mencementde ce siècle, Flores possédait des bois admirables d'ifs qui étaient
affectés à la dotation de la reine; mais ces arbres ont été coupés ; en
maints endroits des îles on aperçoit encore des troncs énormes disparus
sous la végétation des sphaignes: d'autres ont été partiellement recouverts
par les laves. Les fourrés vierges que l'on voit çà et à sur les pentes des
volcans ne forment qu'une sorte de végétation basse et crépue, au-dessus
de laquelle on distingue quelques touffes d'arbrisseaux. Les plantes
ligneuses les plus remarquables des montagnes açoriennes sont, avec le
faya, le « laurier des Canaries » et une espèce de genévrier (juniperus orycedrus) désignée par les indigènes sous le nom de cèdre; d'ordinaire
ce conifère, le seul des Açores, est associé à des bruyères arborescentes et
à des myrsinées, plantes d'origine africaine, dont les oiseaux, friands de
baies, ont apporté la graine. Dépourvues de grands arbres, les hautes
régions des îles offrent pour là plupart un aspect monotone et mélanco- lique : il faut redescendre dans les ravins pour retrouver une végétation pittoresque et variée, Du moins, si les arbres ont presque partout disparu des campagnes proprement dites, la verdure s'étend sur toutes les parties de l'archipel dont les scories n’ont pas la dureté du métal', À mesure que se décompose la pierre, on voit se succéder des plantes d'une organisation
de plus en plus haute; de simples filaments rudimentaires, des lichens,
! Arthur Morelet, Notice sur l'histoire naturelle des Açores.