äÙ NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
des mousses, l'orseille, les fougères, préparent le sol, puis les graminées
se montrent : la terre est prète pour la culture.
Grâce à l'égalité et à l'humidité de son climat, le sol de l'archipel se
prèle mieux que lout autre aux essais d'acelimatement, Quelques plantes
étrangères n'ont pas réussi, parce que Pair des Açores est trop chargé
de vapeurs; d'autres parce que l'alternance marquée des saisons leur
est nécessaire; ainsi le lilas s'affole sous ce elimat trop égal et finit par
mourir, Mais un grand nombre d'espèces des régions tropicales et tempé-
rées de l'Australie, de l'Ancien Monde et du Nouveau prospèrent admira-
blement dans ces serres naturelles des Açores : de lle goût qu'ont les
riches Acçoriens pour les jardins de plaisance, En quelques années, ils
voient leurs arbres, peupliers, eucalyptus, casaarinas, s'élancer à 10 el
20 mètres de hauteur; cependant, si fort que devienne le trone et st large-
ment que s'étale le branchage, ilest rare que les arbres puissent rivaliser
en élévation avec leurs congénères de l'Europe et des Canaries". Dans les
jardins de Faval et de San-Miguel les arbrisseaux du pays sont remplacés
par des massifs où les chênes, les hètres, les tilleuls d'Europe se mélent au
laxodium ou eypre de la Louisiane, au tulipier de la Virginie, à laraucaria
du Brésil, aux cèdres du Liban et de Fimalaya, au camphrier du Japon,
à l'acacia de l'Australie et aux palmiers des deux mondes: des haies d'hor-
lensias, de myrsinées, de pittospores entourent les champs. Les arbres frui-
üers, les plantes cultivées qui proviennent des vergers et des champs du
Portugal, les bananiers, l'ensete de l'Éthiopie, s'emparent de la zone côtière,
tandis que les mauvaises herbes venues d'Europe font reculer vers les
hauteurs el disparaitre les vieilles plantes açoriennes, Une espèce de ronce
qui croil seulement aux Açores bat en retraite devant lt ronce d'Europe,
qui se plait dans le voisinage des maisons, au bord des chemins, et gagne
du terrain à chaque nouveau défrichement. En outre, des tentatives
directes ont été faites pour le repeuplement des terrains vagues el des
hautes pentes des montagnes, L'île de San-Miguel tout entière est devenue
un jardin d'acelimatation; un millier d'espèces arborescentes y ont été
naluralisées, et celles dont la réussite à été complète ont été propagées par
centaines de mille et même par millions. Le pin maritime, le même que
celui de la France méridionale, est l'essence qui a le mieux prospéré; déjà
l'aspect lointain des montagnes en apparait tout changé aux veux de ceux
qui revoient les Açores après une longue absence, Les autres espèces fores-
üères acclimatées qui offrent le plus d'importance é“anomique sont le
1 G. Hartung, ouvrage cité,