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100 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE, Relativement aux coutumes de mariage, elles variaient beaucoup d'une ile à l'autre, La polyandrie aurait existé dans Lanzarote, d'après les aumoniers de Béthencourt : la plupart des femmes auraient eu trois maris, se succédant comme époux et comme serviteurs. Dans l'île de Gomera, les lois de l'hospitalité exigeaient l'échange entre la femme de l'hôte et celle du voyageur, À Tenerife, la monogamie était la loi: les Guanches étaient pleins de déférence envers les femmes : toute insulte proférée contre elles était punie ; l'homme armé qui leur manquait de respect était mis à mort, Les mariages ne pouvaient se conclure sans le libre consentement de la femme et le droit de divorce appartenait à Fun comme à l'autre des conjoints. Dans l'île de Gran Canaria, les mariés appartenaient d'abord au grand-prêtre et aux seigneurs". Dans li même île, une femme, choisie comme marraine, jetait de l'eau sur la tête du nouveau-né et prononçail quelques paroles mystérieuses : cette cérémonie faisait désormais de li maguadla un des membres de la famille et aucun des hommes de sa nouvelle parenté ne pouvait se marier avec elle. A cet égard, le rituel eatholique se trouvait différer à peine de celui des indigènes : de l'ancienne cou-Lume, la conquête fit un sacrement.
Les Guanches de Tenerife et les Berbères des autres Canaries, fort reliuieux, vénéraient les génies des montagnes, des sources, des nuages, et leur adressaient des prières, mais sans leur offrir des sacrifices sanglants ; peut-être y avait-laussi des mahométans à Lanzarote, puisqu'un des rois, disent les aumôniers normands, était « sarrasin ». Dans les temps de sécheresse, les Guanches conduisaient leurs troupeaux de brebis sur des terrains consacrés, 6 Rois séparaient les agneaux de leurs mères, afin que le dieu se laissät fléchir par les bêlements plaintifs. A l'époque des fêtes religieuses, une trêve générale devait mettre un terme aux guerres civiles, même aux dissensions particulières : tous étaient amis, Prôtres et prêtresses étaient fort vénérés et dans l'ile de Gran Canaria un faican, — mot dans lequel on a cru retrouver l'arabe fakih ou fakir, — présidait aux grandes solennités; son pouvoir balançait celui du guanarteme, le chef politique. Des vierges, que l'on à comparées aux vestales, vivaient en des maisons sacrées. Rigoureux observateurs de li coutume, les indigènes pratiquaient le duel, le jugement par le poison, et reconnaissaient le droit d'asile.
Le pouvoir des chefs était absolu dans quelques îles; ailleurs de petits liels étaient groupés en fédérations, Dans l'île de Tenerife, toutes les terres appartenaient aux rois où mencey : ils les concédaient aux sujets, mais elles 1 Cadamosto, Thevet, Bernaldez, ete.
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