Sudan Archive

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LE KMASSO ET l'iSLAM 897 Et des aphorismes en cours font apparaître eux aussi cette islamisation, tels ceux-ci : Aujourdhui nesi pas di/Jicile, demain apparlicnl à Dieu. — Celui qui inel sa confiance en Dieu, n'a -rien à craindre. — L'homme ne sait rien, Dieu sait tout. — L'esclave ne peut rien, Dieu peut tout. — Le maître de pitié, c'est Dieu.

D'autre part, ainsi que nous l'avons dit précédemment, en dehors de ces récits tendancieux, nous trouvons des récits dont le thème est le même que celui de certains contes que l'on retrouve dans d'autres pavs et qui semblent axoir été introduits par des Arabes ou des Berbères.

Ainsi, d'après M. René Basset, dans notre recueil de « Contes soudanais », le Village des Fous n'est qu'une variante de la Querelle des Sourds, dont l'Inde nous fournit le plus ancien type. — Les sandales du Roi, dont le texte est donné ci-après, n'est qu'un remaniement du conte bien connu la Trace du Lion, qui fait partie du recueil des Sept Visirs. — Le vieillard et ses enfants est une version d'un conte arabe de Tunisie, dont la plus ancienne forme met en scène les ancêtres des tribus arabes, les quatre lils de Nizar.

Les Berbères semblent avoir, dans quelques cas, servi d'intermédiaires pour des contes d'origine arabe : le Recueil des aventures de Si Dyobia a fourni les deux contes la Marmite et le Fils du voleur, dans lesquels on retrouve le Lièvre de Si Dyobia et le Couteau qui tue et ressuscite.

Ces influences étrangères, plus ou moins lointaines, sont faciles à expliquer. Les grandes villes sont, au Soudan comme ailleurs, des centres d'attraction pour les savants, les lettrés, les artistes, tous gens qui, pour se perfectionner ou pour vivre, se trouvent contraints à de fréquents déplacements : c'est par ces éternels vovageurs que les productions littéraires sont dispersées au loin et que l'on retrouve en Afrique occidentale des récits parfois originaires des régions très éloignées de cette partie de l'Afrique.

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