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396 MONOGRAPHIE DES KHAS.ONKÉ Furieux, car il pensait que Modi s'était joué de lui, iï exhuma le pot et se dit : «Attends un peu, espèce de brute, je vais le porter tout le contenu, car je n'ai nulle envie de partager avec toi. » Il vint jusqu'au seuil de la porte et de là, lança le pot sur le lit de Modi, puis se sauva en riant. Avant d'avoir touché le lit, la matière immonde s'était changée en splendides pépites d'or que Modi et sa femme, stupéfaits du procédé de leur ami, s'empressèrent de recueillir.
A quelque temps de là. une caravane d'esclaves fit halte dans le village de Modi.
Celui-ci dit à sa femme : « Va faire choix des captifs qui te plairont et achète-les. » La jeune femme choisit cent garçonnets et cent fillettes et les femmes, ses voisines du village, en la voyant faire se mirent à rire. Elles se disaient entre elles : « Vois donc ! cette femme de Modi qui voudrait faire croire qu'elle va acheter toute la caravane; alors qu'elle n'a même pas de quoi payer une mesure de mil. » Et, par dérision, elles se tenaient à l'écart, comme pour laisser à l'épouse de Modi toutes facilités de choisir, tant elles étaient convaincues qu'elle était dans l'impossibilité de rien payer. Aussi, qu'elle ne fut pas leur stupé-faction en apprenant, par les marchands d'esclaves, que Modi avait payé, comptant et en or, tous les achats faits par sa femme.
Voilà comment Dieu prouva que Modi avait raison d'affirmer que Dieu est grand et enrichit qui lui plaît.
Ce travail d'islamisation emprunte tout aussi bien la voie de la fable ou de la légende que celle du conte. Tous les actes de la vie, domestique ou sociale, sont ainsi habilement enveloppés d'une atmosphère musulmane et le noir, iiiême païen, se laisse volontiers aller à écouter puis à répéter ces récits, dont le merveilleux le séduit.