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390 MONOGRAPHIE DES KHASSONK.É alors une torche enflammée, qu'il tenait à la main droite, il demanda : *. Qui veut monter au ciel ? » Un guerrier s'avança, saisit la torche et la plongea dans le baril ouvert devant lui, mais la poudre ne prit pas feu !

Il n'en fallut pas davantage : le bruit de ce prodige se répandit dans le pays ; on proclama partout que par la puissance de Lamine la poudre des blancs ne parlerait pas.

L'on croit rêver en lisant que des procédés aussi grossiers ont eu tant de succès, cependant ils sont couramment employés. Lors de notre séjour à Médine nous avons vu plusieurs fois sidi El Kheir, qui était tenu en grande vénération par toute la population; l'on imaginerait difficilement la quantité et l'importance des cadeaux qui lui étaient faits, mais il savait provoquer les dons.

Il se rendait d'ordinaire à la petite mosquée sur la place du marché et, là, familièrement assis au milieu de tous, il exécutait de petits tours de prestidigitation ou des cures merveilleuses que ses crédules admirateurs considéraient comme autant de prodiges. Tantôt c'étaient des colas qu'il sortait on ne sait d'où, car nul ne l'avait vu en acheter depuis longtemps, une autre fois c'était un enfant qu'il avait guéri, là, séance tenante.

Le plus clair était que les aumônes affluaient dès que, surexcités par ces prodiges, les croyants se dépouillaient de leurs biens pour obtenir la bénédiction du saint homme. Nous avons vu des traitants donner, d'un seul coup, l'un une balle de guinée, un autre un cheval de prix, un autre un esclave... Et cheikh Sidi el Kheir ne semblait pas prê-ter attention à ces offrandes, toujours un bienveillant sourire éclairait sa physionomie fine et intelligente, il parlait peu et s'agitait moins encore ; ses séjours étaient de courte durée, quelques heures seulement, il disparaissait... et reparaissait quelques mois après.

Et il en sera longtemps ainsi : l'amour du noir pour le

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