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LE KHASSO ET l'iSLAM SSç AhmadoLi ne voulut pas ajouter foi à leur récit, il vint lui-même à Salam et, ayant laissé son escorte à l'entrée du village, il s'avança vers la demeure du marabout; comme il se préparait à en franchir l'enceinte, les huit monstres se dressèrent devant lui. Les talibés prirent la fuite et il les suivit. Mais Ahmadou n'abandonnait pas son projet. Il chargea un de ses griots de poner à Mahmadou Lamine des colas parmi lesquels il en glissa un d'empoisonné. Le griot s'acquitta de sa commission, mais au retour, quand il vint rendre compte à Ahmadou, il sentit dans la poche de son vêtement quelque chose de pesant, il le retira : c'était le cola empoisonné. Ahmadou furieux l'obligea à revenir auprès de Mahmadou Lamine, mais le même fait se reproduisit et Ahmadou dut abandonner son projet homicide.
Les récits de ces miracles avaient beaucoup facilité le succès de Mahmadou Lamine qui, au Gadyaga même, s'efforça de convaincre ses fidèles de la réalité de ses pouvoirs surnaturels.
Lorsqu'il fut sur le point d'entrer en conflit avec nous, il ne manqua pas d'affirmer que nos troupes ne pourraient demeurer en sa présence et l'on raconte que, s'étant procuré des images représentant des soldats français, il les fit mettre au fond d'un vase rempli d'eau : en soufflant fortement à la surface de l'eau des rides se produisirent et l'image parut brouillée de plus en plus, jusqu'à disparaître : « 'Voilà, dit-il alors, comment disparaîtront les troupes des blancs. » Il proclamait naturellement que le canon des blancs ne fonctionnerait pas et, pour le démontrer à ses auditeurs, il opéra comme suit : un soir, il se rendit à la mosquée et y fit sa prière dans le plus grand recueillement ; après une dernière prosternation, il se retourna vers la foule et montra un baril de poudre qu'il avait tait apporter. Levant