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388 MONOGRAPHIK DES KHASSONK.É d'être devin ; il s'y emploie de son mieux en usant de procédés divers, don'tle plus courant est une sortede géomancie.
Mais le marabout qui exerce sur la foule la plus grande influence, est celui qui se prétend thaumaturge et est assez habile pour convaincre ses clients de ses vertus miraculeuses. El Hadj'Omar aussi bien que Mahmadou Lamine ont été, pour leurs fidèles, remarquablement doués pour faire des miracles et Ton ne manque pas de raconter nombre de ceux qu'ils ont accomplis.
Nous avons vu que lorsque Mahmadou Lamine revint dans le Gadyaga en i885, il était précédé d'une grande renommée et ses émissaires ne manquaient pas de répandre les bruits de ses miracles.
La puissance surnaturelle de Mahmadou Lamine s'était surtout exercée à Ségou, pour triompher des embûches qu'Ahmadou dressait en vue de se débarrasser d'un coreligionnaire d'autant plus gênant qu'il se posait ouvertement comme le successeur spirituel d'El Hadj Omar et dénonçait la conduite privée d'Ahmadou comme un scandale pour les vrais musulmans. Ahmadou avait donc décidé de se débarrasser de Mahmadou Lamine, qu'il avait mis à l'écart en lui assignant pour demeure un village en ruines, à quelque distance de la ville. Ce lieu fut appelé Salam et devint, du fait de la pré-sence de Mahmadou Lamine, un lieu de prosélytisme d'où les récits des miracles se répandirent dans tout le Soudan, colportés par les dyula.
Au moyen de cadeaux et de promesses, Ahmadou parvint à décider quelques-uns de ses talibés à s'emparer de Lamine et à le lui amener. La petite troupe partit donc pour Salam. Les talibés cernèrent le village : le silence et la solitude y régnaient; effrayés ils s'approchèrent de la palissade, mais au moment où ils allaient y pénétrer, huit poissons monstrueux se dressèrent devant eux la gueule béante. Les talibés épouvantés s'enfuirent.