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386 MONOGKAI'HIE DES KHASSONKÎ: dant répéter autour de lui, tout comme il redit les mots du vocabulaire poissard français répandu par les tirailleurs, avec cependant cette nuance importante qu'ayant eu longtemps à subir des sectateurs de Mahomet ombrageux et intolérants, il a adopté un vocabulaire propre à les contenter.

C'est par les marabouts que le travail le plus vaste et le plus profond d'islamisation a été accompli. En cela, les marabouts ont-ils agi de parti pris? Peut-être quelquefois, plus généralement ils ont fait fléchir la règle islamique pour la faire cadrer avec leurs habitudes : emprisonnés dans le milieu indigène, ils ont modifié les prescriptions orthodoxes dans la mesure où elles étaient inacceptables pour leur mentalité et ont à la longue créé une sorte d'orthodoxie musulmane indigène, si l'on peut dire.

Ainsi, tous les païens ont pour coutume de ne rien boire ou manger, boire surtout, sans au préalable faire une légère offrande aux esprits qui les protègent: à cet effet, ils versent sur le sol quelques gouttes du liquide en invoquant les invisibles. Eh bien, il est de coutume, chez les plus stricts musulmans du Gadyaga de ne pas commencer le repas sans pré-lever quelques boulettes en l'honneur de Mahomet, d'Adam, d'Eve et de ceux des parents défunts que l'on veut particulièrement honorer; ces boulettes sont données, avec intention, aux pauvres, aux élèves qui mendient, ou tout simplement aux enfants de la maison.

Tout païen aime rester en communication avec ses morts et, pour invoquer le plus puissant d'entre eux — soit le fondateur de la famille, soit, plus ordinairement, celui qui a établi et commandé la lu (maison) — il lui fait une offrande qu'il répand, autant que faire se peut, le long du montant de la porte d'entrée de la lu ou en toute place qu'il juge convenable.

Le musulman indigène remet intentionnellement son offre au premier mendiant qui se présente ou bien l'envoie

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