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384 MONOGUAPHIE DES KHASSONKÉ comptent pas; sans doute il y a parmi eux des Khadria et des Tidjania, mais ils ne se distinguent de leurs coreligionnaires que par quelques pratiques qui n'en font aucunement des Khouans. Le plus souvent, ils se bornent à porter bien en évidence, roulé autour du poignet, un chapelet, qu'ils égrènent à la fin de la prière en marmottant un dikr auquel ils ne coniprennent rien.

Nous avons montré comment, pour le païen, le monde visible se double d'un monde invisible qui en est l'exacte réplique. Les morts appartiennent à ce monde invisible, dans lequel ils occupent une situation pareille à celle qu'ils avaient dans le nôtre, et, par là, s'explique qu'aux morts qui ont ici-bas exercé la puissance et l'autorité, le païen rend un culte pour qu'ils daignent s'occuper des affaires des vivants et puissent leur servir d'intermédiaires auprès des esprits tout-puissanis.

Ces esprits, avons-nous dit, sont eux-mêmes hiérarchisés en quelque sorte et paraissent être les subordonnés d'un être supérieur dont tout l'Univers ne serait qu'une émanation. Mais cet esprit éminent, supérieur à tout et à tous, le païen ne le définit pas, il n'en parle pas et ne lui donne aucun nom.

Il est particulièrement intéressant pour l'étude que nous poursuivons ici de remarquer que cet au-delà mystérieux, auquel tout indigène croit sans aucun doute, se trouve par lui défini, en quelque sorte, à l'aide de vocables indubitablement empruntés à l'arabe.

Il n'est pas de K.hassonké qui ne connaisse des êtres surnaturels qu'il appelle méléké et plus souvent dyina; qui ne sache qu'il existe un lieu de délices pour les bons, ardyana, et un autre de châtiment pour les mauvais, dyalianama, et qu'au-dessus de tout et de tous il y a Ngalla ou Allah.

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