Facsimile · p. 408
38o MONOGRAPHIK DES KHASSONKÉ Après cet exposé des faits principaux qui ont déterminé l'introduction de l'Islam chez les Khassonké, il nous reste à décrire comment les croyances se sont insinuées dans ce milieu indigène et quelles sont leurs principales manifestations.
Ce n'est point tout, en elTet, que, sous la pression des événements, les vaincus fassent profession de foi musulmane, pareille conversion ne saurait, en principe, être tenue pour durable. Pourtant, quelquefois, la conquête a provoqué l'adoption définitive de l'Islam : c'est lorsque le vaincu a compris qu'il est de son intérêt, quel que soit cet intérêt, d'agir ainsi.
L'on peut dire, par exemple que la branche des Dyallo du Séro s'est musulmanisée définitivement lorsque son chef Mori-ba est venu faire sa soumission à El-IIadj Omar, or Mori-ba n'agissait de la sorte que pour éviter des repré-sailles d'abord et, ensuite, qu'en vue d'occuper une situation politique depuis longtemps ambitionnée par les siens et par lui-même.
Kourtoum Sambala 'inféoda de même dans le dessein de venir commander à Médine.
Cet intérêt qui provoque les conversions, les conqué-rants religieux l'ont fait naître autour d'eux, consciemment ou non, des façons les plus diverses ; les conversions ainsi acquises en ont entraîné beaucoup d'autres : ainsi les gens du Séro se sont soumis, comme leur chef, parce que en agissant ainsi ils ont pu demeurer dans leur pays, sans avoir trop à soufi'rir des convertisseurs foutanké.
Sans doute, ces premiers convertis manquent le plus souvent de conviction et de sincérité, mais le temps transforme la pratique extérieure en une habitude, laquelle crée à la longue une tournure d'esprit, qui infiue à son tour sur les coutumes indigènes et les enfants, qui naissent et vivent dans ce milieu transformé, adoptent ces conditions nouvelles sans réticence ni difficulté.