Sudan Archive

Open the original scan

SyS MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ Au cours de ces divers événemcnls, Ahmadou avait évidemment mis à profit toutes les circonstances favorables pour nous nuire. Il nous suscitait toutes sortes de difficultés avec les indiiènes et la trahison était partout autour de nous.

Sa situation à lui-même était fort précaire, ses frères étaient des lieutenants dont il se défiait, peut-être à bon droit. Mountaga avant tenté de se rendre indépendant à Nioro, il dut venir dans cette ville et s'y trouva bloqué, en 1888, par la révolte du Bélédougou ; la prise de Koundian par nos troupes, en 1889, accentua son embarras.

11 fallait en finir : ce fut l'objet des campagnes de 1890 sur Ségou et de 1891 sur Nioro, de nous débarrasser de ce dangereux voisin.

Depuis lors, le Khasso, purgé de ces agitateurs, n'a connu que l'administration française par l'intermédiaire de ses chefs. Mais l'idée musulmane, si énergiquement répandue dans tout ce pays, ne s'est pas éteinte, elle a cheminé, en quelque sorte en vertu de la vitesse acquise, d'autant plus que sur le territoire même du Khasso il v a depuis longtemps de véritables foyers islaniiques.

C'est ainsi qu'à Médine la traite avec les Maures a attiré des Wolof, qui séjournent là plusieurs mois par an et, même, certains de leurs compatriotes, venus là à cause d'eux, s'y sont installés d'une manière quasi permanente. Ce monde des traitants Wolof de Médine est connu, et à juste titre, pour l'exaltation de ses sentiments musulmans ; tout en ayant l'air de nous être dévoué, il a presque toujours pactisé avec nos plus dangereux adversaires : lors de la prise de Kounyakari, notamment, on a trouvé nombre de lettres adressées par les traitants à Ahmadou. La plupart de ces "Wolof sont tidjanes et paraissent très stricts musulmans ; en fait, ils sont tenus, par les indigènes et non sans raison, pour des fourbes n'avant du musul-

Text produced by OCR — report an error