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3/4 MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ à Ahmadou que celui-ci tenta à plusieurs reprises de se débarrasser de ce dangereux marabout, mais ces tentatives avortées tournèrent au profit de celui-ci.
D'ailleurs, de Ségou, Mamadou Lamine, par l'intermé-diaire de ses émissaires, se préparait un triomphal retour dans son pays; taisant habilement répandre le bruit de ses miracles, il passait déjà auprès de certains riverains du Sénégal pour doué de pouvoirs surnaturels.
Les anges, disaient les uns, montaient auprès de lui une garde vigilante ; d'autres savaient que tous les jours des porteurs de paille sèche entraient chez lui et que, pendant la nuit, toute cette paille était dévorée par les chevaux des anges qui l'assistaient et qui, invisibles pour le commun, étaient visibles pour lui ; d'autres affirmaient que quiconque croyait en lui et en la sainteté de sa mission devenait par cela même invulnérable.
En juillet i885, Mamadou Lamine arriva à Médine (Khasso) et s'établit à Goundyourou, où son grand-père et son père avaient vécu et qui était comme une des villes saintes du Gadyaga. Il y jouit aussitôt d'une notoriété et d'une influence qui s'accentuèrent de plus en plus, car, depuis deux ou trois ans, il était en relations ininterrompues avec la confédération dvakhanké.
Sambala, chef du Khasso, qui s'honorait d'être son parent, l'avait pris sous son égide et se portait, à notre égard, garant de ses intentions pacifiques. Habile diplomate, -Mamadou Lamine sut fort bien capter notre confiance; mais il se sentait gêné par le voisinage de Médine, d'où nous pouvions le surveiller et, de plus, le soin de ses afi"aires l'obligeait à entrer en contact avec les militants de sa cause.
Donc, il quitta Goundvourou en décembre i885 et vint à Daramané, village de Drame, comme lui-même, et connu pour leur ardeur religieuse ; toutefois, pour témoigner de ses bonnes intentions il laissait sa famille à Goundvourou ;