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LE KIIASSO ET I.'iSLAM 373 Ces deux motifs entrèrent pour beaucoup dans les raisons qui décidèrent Ahmadou à venir s'installer à Nioro. Son premier soin fut de destituer Mountaga, dont les succès lui portaient ombrage ; d'autre part, il surveilla et contraria nos agissements.

En 1886, ces régions furent de nouveau bouleversées par une violente crise islamique. Le marabout, Mamadou Lamine Drame (i), qui la détermina, était né à Goundyourou (près Médine) vers i835 ou 1840. S'il faut en croire les affirmations des Dyallo du Khasso, il se rattachait à leur famille par sa mère Khoumba. Celle-ci, fille de Demba Séga, fut mariée au chef maure Ahmed, qui résidait à Axiri, village du Séro ; de cette union serait né Mamadou Khoumba, auteur de Déya, père de Mamadou Lamine.

Il est intéressant de constater qu'en tout cas, par ses ascendants paternels, il faisait partie de cette fameuse confédération dyakhanké, dont nous avons parlé. Son grandpère vécut à Goundvourou ainsi que son père, qui, cependant, vint à une époque habiter Safalou, dans le Dyaka, au sud du Bondou.

Après avoir étudié à Safalou, Mamadou Lamine se perfectionna auprès de divers marabouts, à Bakel, notamment, auprès du fameux Fodé Mohammed Saloum. Puis il figura, assure-t-on, parmi les compagnons d'El Iladj Omar, qu'il quitta à Ségou pour aller faire le pèlerinage de la Mecque.

Il séjourna sept ans dans cette ville. Au retour, il s'arrêta à Ségou auprès d'Ahmadou, fils d'Omar. Il nourrissait déjà l'ambitieux dessein de prendre la succession spirituelle d'Omar en la doublant, bien entendu, de l'autorité temporelle et ses agissements parurent tellement suspects (i) Voir sur Mamadou Lamine, l'Islam dans l'Afrique occidentale et le Bondou. A ce dernier ouvrage, nous avons emprunté le récit des miracles de Mamadou Lamine.

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