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LK KIIASSO Kl L ISLAM 359 ciants étrangers par les indijènes craintifs et méfiants : c'était leur façon d'opérer, notamment sur la rive du Sé-négal, à l'égard des commerçants maghrébins. Lorsque les négociants étrangers purent, sous forme ou autre, entrer en contact direct avec les indigènes, ils s'efforcèrent de gagner la confiance de certains d'entre eux et ils ne pensèrent pas faire mieux, dans ce but, que de convertir à leur propre foi religieuse ceux qui s'y montrèrent facilement disposés. Dès lors ce fut par ces néophytes qu'ils exploitè-rent le milieu indigène.
Plus que tout autre ce système a amené, sur les confins du Sahara et du Soudan, la pénétration des races en contact : Arabes, Berbères et leurs métis d'une part, nègres de toutes tribus, d'autre part, et c'est ainsi que se sont créées ces innombrables familles de marabouts indigènes qui, pour les négociants du Nord, ont joué un rôle analogue à celui des traitants pour les négociants du Sénrgal.
Ces marabouts, voués au négoce, se font remarquer par un véritable génie du commerce, non moins que par un penchant irrésistible pour le prosélytisme musulman. Rendus audacieux par le lucre, ils ont pénétré partout, risquant leur fortune, leur liberté et même leur vie; ser\is par l'expérience, ils ont toujours su situer aux bons endroits leurs établissements de traite et, là, agissant à leur tour comme propagateurs, conscients ou non, de la méthode qui les a formés, ils ont diffusé autour d'eux les croyances islamiques, attirant des indigènes qu'ils ont ainsi transformés au point de les rendre pareils à eux. Si bien que, suscités par les mêmes mobiles, ces nouveaux néophvtes ont fondé les colonies devenues nécessaires pour permettre à la métropole de tirer profit des débouchés créés par les transformations économiques.
Les croyances islamiques, qui unissent tous ces marabouts en une manière de confrérie, s'étendent autour d'eux sans difliculté, voire même, avec la complicité du