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356 MONOGRAPHIE DES KHASSONRE un très lucratif commerce, grâce aux caravanes qui y apportaient Tordu Bambouc ou qui y transitaient pour conduire, soit sur le Sénégal, soit sur la Gambie, les esclaves en provenance de Dyakha-sur-Bafing. Beaucoup de ces musulmans étaient originaires de Dyakha; de là, jalonnant en quelque sorte la route de leurs caravanes, ils s'étaient établis comme représentants de leurs parents de Dvakha.
Cette curieuse confédération musulmane et commerciale n'a pas disparu, elle s'est seulement modifiée au gré des circonstances et, deux siècles après Brue, nous l'avons retrouvée aussi active. En nous aidant des indications prises et contrôlées sur place, nous allons essayer d'en reconstituer la genèse et l'histoire, ce qui nous permettra de dégager nombre de renseignements utiles à cette étude.
Ce que les cartes d'aujourd'hui indiquent comme étant le Gadyaga n'est qu'un lambeau de ce qu'était originairement la circonscription territoriale de même nom. Littéralement le mot Gadyaga signifie « chez les Gadvo », autrement dit, le « Pays des Gadyo ». Le « Pays des Gadyo » s'étendait sur les deux rives du Sénégal, il renfermait : d'une part le Dyombok.ho, c'est-à-dire la région comprise entre le Diafounou,au nord; leGuidimakha (i),à l'ouest; le Kaarta, à l'est; le Sénégal, au sud; d'autre part, le pays qui s'étendait au sud du Sénégal, depuis Dembakané jusqu'au Félou et qui a formé le Guove, le Kaméra, le Khasso (rive gauche), le Bondou et même, dit-on, le Bambouc. A la dernière époque de leur indépendance, les Gadyo étaient commandés par la famille des Siman, dont la capitale était Dindilla. Les principales familles Gadyo sont encore là, ce sont : les Siman d'Ambidedi, les Dyagolla et les Nambounou de Sangallou, les Timméra de Yaféra, enfin les Dyambo et Bidanessi du Dyombokho (nom qui a été dérivé de celui de Dyambo).
(i) Suivant certaines traditions, le Guidimakha ne serait lui aussi qu'une fraction de l'antique Pays des Gadyo.