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35o MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ au delà la nourriture qu'il donne à des enfants trop jeunes pour pourvoir d'eux-mêmes à leurs besoins (i). La coutume est analogue pour la femme esclave. Le substitut de l'homme, c'est le garçon circoncis, âgé de i5 à i6 ans; le substitut de la femme, c'est la fillette nubile, d'environ 12 ans. Lorsque la femme appartient à un antre maître que son mari, les enfants ne peuvent pas être substitués à celui-ci vis-à-vis de son propre maître. Mais la pratique vient, ici encore, corriger la rigueur de la coutume. Si le mari, lors de l'union, paye au maître de la femme la dot que, dans la famille de ce maître, l'on exige pour une femme libre, la femme et les enfants qui naissent d'elle apparlien nent au mari sa vie durant : à sa mort ils retombent au pouvoir du maître de la femme. Par ces substitutions, l'esclave arri\-e donc à disposer de son temps, de son travail et de son produit. Il est, en efTet, admis que lorsque ses enfants se font à leur tour substituer par leurs enfants la redevance qu'il payait cesse. De sorte qu'au bout de trois générations, la sienne comprise, l'esclave passe dans la catégorie des <i?)*onoron' ou affranchis de fait, sinon de droit. En droit, en effet, le lien qui l'attache à son maître n'est pas rompu; il est seulement très relâché. Lq dyongoron' de cette espèce est, dit-on, comme un parent, comme un ami fidèle auquel on demande conseil dans les cas graves, qui ne manque point d'être là pour les cérémonies de famille, de même que le maître prend part à tout ce qui lui arrive d'heureux ou de malheureux.
Dyongoron' .— Mais il y a aussi des dyong;oron' de droit, cesont ceux qui, avec le consentement du maître, ont acheté leur liberté. Nous l'avons dit, cette liberté est, souvent, chè-rement acquise, puisque la femme, les enfants, les biens mêmes demeurent entre les mains du maître. Le libéré a, (i) Cette redevance est, du reste et avant tout, sans doute destinée à afOrmer le droit du maître sur l'esclave qui s'est * sorti les mains ».