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348 MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ ciement, donner une chèvre à son maître, quand il reçoit de lui une épouse; s'il obtient d'un autre que son maître une femme, il doit à cet autre un présent pareil. 11 est, en outre, de tradition que le captif donne au père de la captive qu'il prend pour épouse, un lot de sept chèvres à titre de dot.
Pécule. — Tout ce que le captif produit, appartient à son maître, qui en dispose à son gré. Mais ce maître a intérêt à laisser l'esclave jouir d'une partie, tout au moins, de ce qu'il produit, il l'incite par là à travailler plus et mieux pour améliorer son sort et l'amène, ainsi, non seulement à supporter son sort, mais même à s'y complaire, La coutume a en quelque sorte réglementé la situation matérielle du captif en réglementant son travail: d'abord, s'il doit le travail à son maître, il lui est, toutefois, laissé des heures libres dont il dispose à sa convenance et de plus deux jours entiers, le jeudi et le vendredi, lui appartiennent.
Il dispose, en principe, de ce qu'il effectue durant ces moments libres et arrive ainsi, par son labeur, à se constituer un certain pécule.
D'ailleurs, le maître confie aussi à l'esclave qu'il estime certains biens pour les faire valoir. Il y a ainsi des esclaves qui disposent de richesses autrement importantes que celles possédées par nombre de gens libres ou de gens de caste, ce qui leur fait une situation très enviée.
Peu à peu, par les sentiments et les intérêts, le captif se trouve agrégé à la tim' de son maître, il n'y figure plus seulement comme un nafulo, mais encore comme l'un de ses meilleurs soutiens. Le maître n'aime pas, en général, à s'occuper directement de faire fructifier ses biens, il abandonne cette tâche à ses esclaves préférés et tombe de la sorte sous leur dépendance à certains égards. Désormais la tun' et ses esclaves sont si étroitement unis que leurs destinées sont inséparables : la grandeur et la richesse de l'une s'appuie sur la fidélité et le dévouement des autres.