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CHAPITRE V LES ESCLAVES [dyon') (l).
L'origine première de l'esclavage, c'est la captivité. Le fait d'être capturé enlève à l'individu toute personnalité, il se trouve retranché de son milieu et n'est pas agrégé à une nouvelle société. C'est cette absence d'état qui caractérise à vrai dire la situation des captifs, que le vainqueur considère comme de simples richesses et dont il tire le meilleur parti possible, en les échangeant contre telles choses qu'il désire.
Cet abaissement de l'individu au rang des simples nafulo, en même temps que sa séparation d'avec son milieu originaire, est mis en évidence par une coutume générale. Celui qui recevait un esclave pour sa part de prise,, l'ayant fait agenouiller, l'interrogeait : Kele-be-dyon'-fé '.' A qui appartient la colonne?
Qui est-ce qui commande l'armée? et, lui criant en même temps le nom du chef de l'armée, il le lui gravait dans la mémoire en lui appliquant une forte gitle. Désormais ce captif n'était interpellé que par l'expression : Kele-be-dyon'-fé ?
Il II ne nous paraît pas douteux que le mot dyon' provient de la même racine que le mot sin' vaincre et signilie proprement « le vaincu ».