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336 MONOGRAPHIE DES KHASSONKK Le principe de continuité qui crée l'indivision des biens, combiné avec le privilège conféré à l'âge et au sexe pour l'administration de ces biens, met la communauté tout entière au pouvoir des « vieux»; si bien que, dans ce régime, les « jeunes » sont des parias réduits aune manière de servitude qui, à certains égards, est plus étroite que celle des esclaves de case. De là, entre « vieux » et « jeunes » un antagonisme que rien n'apaise ; pour ceux-ci toute occasion est donc bonne qui leur permet de secouer le joug abhorré ; d'où ces intrigues dont la notice donne un exemple saisissant dans les menées de Saféré qui, sentant le pouvoir lui échapper, n'hésite pas à soutenir le bâtard Diba Sambala et consomme ainsi, au profit de la branche bâtarde, la ruine définitive de la famille légitime à laquelle lui, Saféré, appartient.
Ce régime familial n'est cependant pas plus mauvais que d'autres, la prospérité à laquelle atteignit Demba Séga en est une preuve ; mais il faut, semble-t-il, pour qu'il produise d'aussi heureux effets, que le fa soit un homme ayant de sérieuses qualités pour commander et administrer. Entouré de gens qui seraient portés à conspirer sans cesse contre lui, il faut qu'il soit assez diplomate pour se débarrasser adroitement des plus gênants: ainsi fit Demba Séga, quand il donna le Séro à administrer à son frère Silatigui Yamadou. Il faut, en somme, qu'il sache occuper tous ces « jeunes » qui ne deviennent turbulents et dangereux que parce qu'ils n'ont rien à faire et il doit user d'une autorité à la fois forte et affectueuse, paternelle mais sans faiblesse.
Il est à remarquer que partout où ce régime est en faveur, les empires, les grandes familles n'ont d'ordinaire connu la splendeur que durant la vie du fondateur: agissant, le plus souvent, sans s'embarrasser de l'opinion des uns ou des autres, n'admettant l'avis du conseil que pour fortifier sa décision, brisant au besoin les mauvaises volontés, le