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322 MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ pédition que la proie paraît plus facile ei plus riche. Le mode de partage des prises indique suffisamment combien l'intérêt de chacun est surexcité; voici les principes du partage : Tous les captifs et tous les troupeaux, même ceux faits par les alliés, sont réunis en un bloc dont le Fankamala prend le cinquième, ce qui constitue le kelekonso, ou droit sur les prises de guerre. Cette distraction opérée, les quatre autres cinquièmes sont partagés à l'amiable entre les alliés puis entre les principaux chefs.
Les prises individuelles demeurent acquises à ceux qui les ont opérées, mais chaque combattant est tenu de dédommager celui qui l'a armé, équipé ou monté, cette redevance constitue le talenie, ou partage de prise. Le ialente est dû notamment au Fankamala par tous ceux (parents, captifs, chefs), qui ont été armés par lui.
L'or et tous les objets de valeur, à l'exception de ce qui en a été pris par les alliés et qui leur demeure, reviennent en totalité au Fankamala.
Les grains, les étoffes, les ustensiles de cuisine restent aux mains de ceux qui les ont pris, ainsi que, d'une façon générale, les objets réputés sans valeur.
Les « braves », qui se sont particulièrement distingués, sont comblés des faveurs du roi.
Ainsi en est-il dans les grandes guerres ; il en va un peu différemment dans les simples razzias. Elles sont nécessairement autorisées par le Fankamala qui, d'habitude, en donne le commandement à l'un de ses lîls désireux de se faire la main et de se distinguer. Elles ont lieu, de préférence, en hivernage ; époque où les indigènes ayant beaucoup à faire aux champs, laissent les villages à peu près sans dé-fense.
Le partage du butin diffère suivant sa nature : les esclaves sont partagés entre tous les participants, il arrive ainsi qu'un esclave demeure la propriété indivise de deux ou