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LE CLAN DU KllASSO 3l9 possédées; de môme, enfin, cellesautour desquelles la mort fauche, enfants, parents, amis... ne respectant qu'elles.

Aucune situation sociale ne met à l'abri de l'accusation de sorcellerie.

C'est au magicien qu'il appartient de guider la vindicte publique, en ces affaires. Lorsque le chef du Khasso habitait Alédine, les gens reconnus coupables de sorcellerie étaient, en grande pompe, suppliciés de façon spéciale : on les précipitait dans l'un des nombreux trous des chutes de Félou. Le chef actuel du Khasso, Sadyo Sambala, nous a raconté à ce propos Thistoire suivante : un griot [dyali] de Dyouka Sambala, chef du Khasso et père de Sadyo Sambala, s'étant vanté d'être capable de découvrir les sorciers, fut mis au défi par son maître. Il releva le défi et, au cours d'un tamtam, désigna comme sorciers : deux femmes de Dyouka Sambala, les nommées Musundin et Yawali, et un lils de ce même Dvouka Sambala.

Celui-ci ne tenta rien contre son lils, mais il déféra ses deux femnies aux poursuites habituelles en la matière; on leur attacha le kullélango et elles avouèrent. Elles furent conduites, au milieu d'une grande affluence, jusqu'au Fé-lou et précipitées chacune dans un gouffre qui, d'après elles, furent nommés respectivement Musundin'-danthankhe et Yawalidantankhe, c'est-à-dire le gouffre de Musundin' et le goulfre de Yawali.

Le principe qui domine la répression du crime de sorcellerie dans le droit indigène le plus ancien, c'est que le sorcier et tous ses biens doivent être détruits par le feu et les cendres jetées au vent. Au Khasso, il y a déjà de sérieuses atténuations à ce principe : le cadavre du sorcier est seulement privé de sépulture; les biens ne sont pas anéantis, mais seulement conlisqués. Dans certains cas, l'atténuation est plus grande encore : le sorcier est seulement banni et ses biens confisqués.

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