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.>12 MONOGRAPHIE DES KHASSONKE Le kullelango est particulièrement usité pour déterminer l'inculpé à confirmer les dires des magiciens qui l'accusent de sorcellerie. Dans les procès de cette nature, en elïel, l'on peut distinguer deux phases. Tune extra-judiciaire, si l'on veut, au cours de laquelle l'inculpé n'est encore considéré que comme un malade ou, plus exactement, un possédé qu'il s'agit de traiter convenablement pour le guérir ou du moins le rendre inoflfensif; dans la deuxième phase, l'incurabilité et la criminalité paraissent établies d'autant mieux que l'accusé révèle ses forfaits, et à cela il est contraint par le kullelango. Dans ces sortes de procès les magiciens font, on le voit, office de témoins techniques, il s'en faut que leurs dires soient désintéressés, si, bien entendu, l'on peut admettre par ailleurs qu'ils aient quelque valeur.
Le troisième mode de preuve, couramment employé, est le serment. Au cours de l'instance, le serment peut être imposé au défendeur pour renforcer les dénégations qu'il oppose aux dires du demandeur. Celui-ci peut alors demander à prêter serment, lui aussi, et, si le tribunal y consent, il accepte par cela même de laisser la solution du conflit surgir des conséquences que le faux serment doit produire à l'égard de celui qui s'en est rendu coupable.
En quoi consiste ie serment ? Les formes en sont très variables, il paraît intéressant d'en signaler quelquesunes.
Serment sur Venclume. — Les parties vont chez le forgeron, celui-ci réunit autour de l'enclume tous ses outils; puis, il invoque ses ancêtres et leur demande de «prendre le cœur et le foie de celui qui prêtera un faux serment et de le tuer»; ensuite, il place, sur l'enclume, un grain de maïs rouge, un piment, un peu de soude et la tête d'un poussin. Alors, chaque partie vient dire à haute voix ce qu'elle affirme être la vérité sous peine du châtiment indiqué par le forgeron.