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3oS MONOGRAI'HIF, DES KIIASSONKK Quant au Fankainala il peut évoquer devant lui toute affaire et accepter de juger celle qu'on lui soumet, quelle qu'en soit l'iniportance. Tantôt il juge personnellement, tantôt il renvoie l'affaire devant tel tribunal qu'il lui plaît de désigner. En fait, il évite de se mêler aux querelles de famille, surtout quand il n'v voit aucunement son intérêt.
Au demeurant, il est de pratique courante de soumettre le différend civil à un arbitre choisi d'un commun accord: il n'est pas nécessaire que cet arbitre soit un chef; quel qu'il soit, l'arbitre prononcera une sentence, qui, s'il est de caractère équitable, sera conforme à la voix de sa conscience. Mais, là où git la difiiculté. c'est dans le moven de ramener cette sentence à exécution. Si l'arbitre est un <-s faible », il sera incapable de faire respecter sa décision et laissera par suite le gagnant sans défense. C'est pourquoi il est généralement fait appel aux « puissants », à ceux qui disposent de l'autorité, tels les chefs dont nous venons de voir le rôle judiciaire.
Il } a, à ce dernier choix, un autre axantage : il n'est pas rare que le défendeur refuse de comparaître, seul un chef est alors en mesure de l'y contraindre. Dans la pratique c'est le demandeur lui-même qui signifie à son aà\ersaire d'avoir à l'accompagner chez le juge; pour donner plus de poids à cette sommation, si le juge est un homme puissant, il suffit que le demandeur soit porteur d'un objet notoirement connu pour appartenir à cet homme puissant, pour que le défendeur obéisse incontinent, dans la crainte de se voir appréhender de vive force.
Mais il y a bien aussi un revers à ce choix, c'est que les chefs puissants n'aimempoini, dans ces pavs,à s'occuper des alfaires des gens «faibles» si elles ne sont pas susceptibles de leur rapporter quelques cadeaux; quand donc ils acceptent l'on peut être sûr que ce n'est pas à titre gratuit; il s'en faut, d'ailleurs, que leur sentence s'inspire t(;ujours de l'équité.