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LE CLAN DU KIIASSO 30() Les tribunaux musulmans ont eu et ont encore de fervents partisans, mais les observations qui précèdent leur sont également applicables. Toutefois, il est à remarquer que certains Khadis savent s'acquérir une renommée d'intégrité souvent méritée. Il a existé des tribunaux musulmans réputés sur les frontières même du Khasso; àGoundyourou, à Kégnou, à Dyakalel. C'est à Goundyourou que Demba Sega envoyait juger les affaires graves qu'il ne voulait pas lui-même juger.

Au point de vue pénal, le juge s'impose : c'est le chef du lieu de l'infraction, au moins pour l'instruction de l'alfa ire.

L'instruction emploie toutes sortes de moyens.

En voici un qui paraît appartenir au domaine de l'hypnotisme, il est pratiqué un peu partout dans l'.Vfrique occidentale depuis le golfe de Guinée jusque chez les Maures, la manière ditTère seule, suivant le cas ou les régions.

Dans la contrée qui nous intéresse, l'on prend un pilon que l'on eiitoure de pagnes et qui est censé représenter un cadavre; un magicien ou un marabout choisit deux jeunes gens, récemment circoncis et réputés pour n'avoir pas eu commerce avec les femmes; il place une extrémité du pilon sur la tète de chacun et, au moyen d'incantations les suggestionne de telle sorte qu'au bout de quelque temps, ils déambulent à travers le village ou la campagne poussés comme par une force irrésistible, allant de case à case jusqu'à ce qu'ils arrivent, aflirme-i-on, à celle de l'auteur du mêlait (vol, meurtre).

Autre procédé qui relève aussi de la suggestion. L'enclume du forgeron, qui sert, comme nous le verrons, à recevoir des serments graves, peut aussi permettre de dé-couvrir les coupables, quand elle accepte cette mission. Pour être lîxé à cet égard, le forgeron, sollicité par la vie-

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