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3o6 MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ sances spéciales, sont appelés à donner leur avis. 11 est bien entendu que la compétence de ce tribunal comprend aussi bien les matières purement civiles que celles d'ordre magico-reliieux : les unes et les autres étant le plus ordinairement liées de façon si intime qu'il est impossible de s'occuper des unes sans faire état des autres.
Le tribunal du /a dispose de sanctions plus étendues qu'on ne serait porté à le supposer, car il peut appliquer des peines telles que la flagellation et la mise aux fers ; dans les cas particulièrement graves, il peut prononcer la mise hors la famille: tous les biens de la tun' dont le condamné a la jouissance lui sont retirés, on le juge indigne de faire partie de la tun' ei cependant cette grave mesure ne peut en aucun cas aboutir à le déshériter, si bien que, par le jeu des circonstances, il peut se trouver mis à la tète de la tun' dont il avait été exclu.
Contre les captifs le même tribunal dispose de sévérités spéciales. Si Ijs peines appliquées demeurent sans résultat, le captif peut être donné au Fankamala qui lui fait subir tel sort qu'il juge bon, notamment la vente hors du clan, la mutilation corporelle, la mise à mort.
Il convient de remarquer que ces diverses pénalités peuvent être appliquées tant pour des faits civils que pour des faits qui, dans notre droit, relèveraient du code pénal et, d'ailleurs, sans distinction d'âge ou de sexe: l'autorité du fa est la même pour tous ceux qui y sont soumis.
Est-il besoin de dire que la procédure est des plus simples : ce tribunal agit à sa guise, libre à lui de tolérer des faits qu'un autre réprimerait et, au contraire, de poursuivre de ses rigueurs des actes apparemment peu critiquables : l'arbitraire est ainsi à la base de cette juridiction, comme de celles que nous aurons à examiner, parce que ce n'est pas au point de vue du droit que l'on juge, mais seulement au point de vue de rinicrêt.