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304 MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ partie sa satisfaction dans l'organisation de la guerre, des razzias et du pillage, organisation qui mettait le Fankamala en mesure de défendre ses sujets et, en même temps, de les enrichir par le partage du butin. C'est de cette sorte de brigandage à main armée que sont sorties, sans aucun doute, la majeure partie des richesses des gens du Khasso. Pour garder et faire fructilier ces richesses, quelle qu'en fût d'ailleurs l'origine, une administration fort simple s'édifia peu à peu, sous l'empire de la nécessité et, aussi, à l'exemple de ce qui se passait dans les autres clans indigènes.

Au centre de cette administration est le Fanhamala duquel tout émane et auquel tout aboutit; monarque absolu qui tient de la constitution d'Amadou Awa le droit d'user à sa discrétion de la personne et des biens de ses sujets, il s'est formé une garde personnelle à l'aide d'une fraction de ses esclaves. Ces gardes sont les Su/a, ainsi nommés parce que leur emploi le plus ordinaire est de prendre soin des chevaux du roi. Moyennant quelques su/a judicieusement placés dans les centres troublés ou résistants, la paix se trouve assurée dans toute l'étendue du territoire du clan.

En principe, l'unité administrative est le village ; les gens du clan conservent le droit d'élire leur chef de village, ou gallutigo, conformément à leurs coutumes respectives, mais l'élu doit être agréé par le Fanhamala. Grâce à cette obligation, ce dernier a réussi à imposer à bien des \illages ses créatures : parents, amis et, surtout, ses captifs de case.

Toutefois, si les indigènes ne cèdent pas le Fanhamala se contente de placer un délégué à lui, un huntigo, auprès du chef élu et c'est ce huntigo qui transmet ses ordres et en assure l'exécution. Le gallutigo agréé est, à tous égards, le représentant du Fanhamala ; il veille, par suite, à ce que la paix ne soit pas troublée, ce qui explique ses pouvoirs judiciaires et de

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