ORIOINK ET HISTOIRE '9
dait à Bambéla(i),sur la route de Kounyakari à Bafoulabc.
Leur situation étaitdiflîcile, car ils étaient en révolte ouverte contre les Malinké et avaient déjà essuyé plusiers revers;
alors passa dans le pays un marabout de racepeule accom-
pagné de ses élèves : c'était Malik Si (2), originaire de Souyna, village du Fouta sénégalais. Consulté sur l'avenir,
par les clients d'Amadou Awa, Malik. Si, après mûres
réflexions et pratiques divinatoires, déclara que, moyen- nant l'usage convenable d'un talisman qu'il préparerait lui- même, la victoire appartiendrai taux gens d'Amadou Awa (3 j.
Ce talisman, consistant en un écrit mvstérieux, caché aux yeux de tous par une enveloppe de toile, devait être
attaché à l'extrémité de la première flèche qu'Amadou Awa lui-même lancerait. Amadou Awa serait tué dans le combat, mais son sacrifice assurerait le triomphe des siens.
Se tenant à l'écart de tous ces conciliabules, Amadou Awa semblait les ignorer. Cependant, dans les réunions
des notables et des chefs que la situation exigeait, les inté-
ressés s'efforçaient de faire adopter les vues de .Malik Si, sans toutefois oser déclarer à Amadou Awa quel sacrifice
était indispensable. Enfin, les intéressés au mouvement in-
surrectionnel eurent recours aux mabo (4). Ceux-ci, mis au courant et stimulés par des cadeaux,
vinrent se poster devant la demeure d'Amadou Awa et, dans le langage qui sied aux grandes circonstances, ils chantèrent ses vertus, ses hauts faits, la gloire de sa famille,
(i) D'où la dénomination /îciMi6t'/iJM^o/ow appliquée à ses descendants ; l'on entend aussi Bambera d'où Bambéranf^ulou. D'après le document publié par
M. Equilbecq il faudrait lire Bambéro et ce nom proviendrait de celui dune montagne voisine.
(2) Il a été publié sur le royaume de Bondou.dont Malik Si fut le fonda-
teur, un très intéressant travail par feu M. le docteur Rançon. L'on assiste là par le menu à l'œuvre d un de ces marabouts qui ont joué un rôle considé- rable dans la société indigène.
(3) D'après la version rapportée par Soleillet, aussi bien que d'après celle donnée par M. Equilbecq, MaliL Si ne désigna pas expressément à ses de- mandeurs le nom de celui qui devait jeter la tlèclie.
(4) Voir sur les mabo la partie ethnographique.