l8 MONOGRAPHIE DES KIIASSONKE
partis du Bakhounou avec 999(1) cavaliers, ils s'installèrent
d'abord à Dvata\a, entre .Médina-Kouta et Dyabanyangué,
puis vinrent se joindre aux clients de la famille de Maré-m-
Fa. D'autre part, un fort nombreux contingent était venu
du Fouta Djallon sous la conduite d'un certain Amadi
Dyallo.
Tous ces réfugiés formèrent peu à peu un parti, avec
lequel les chefs locaux durent compter. Il y eut de temps à
autre des velléités de révolte qui, mal réprimées, accen-
tuèrent encore, pour les réfugiés, la nécessité de recourir
aux seuls gens susceptibles de servir d'intermédiaires : les
Dyallo, descendants de Maré-m-Fa (2).
Amadou Awa.
A une époque, les descendants de Maré-m-Fa, cantonnés
vers Fatola, avaient à leur tète Amadou Awa (3) qui rési-
(1) Il est probable que ce nombre composé de trois 9 est donné, comme il
arrive souvent dans les traditions indigènes, pour la force magique qu'il re-
cèle et non pas comme expression de la réalité ; il se trouve d'ailleurs dé- menti, en quelque manière, par la suite du récit puisque le parti Khassonké ne comptait à la bataille décisive de Tambi-Fara que 3oo guerriers.
(2) Il est de principe chez les indigènes que l'étranger soit hébergé par
l'hôte que lui désignent les autorités locales ; s'il prend de lui-même l'hospi-
talité, l'hôte qu'il se choisit doit se faire agréer à ce titre par les autorités locales: dans les deux cas, l'hôte est, à tous égards, le représentant et, en quelque sorte, le répondant de l'étranger. Ainsi en était-il de ces Peuls nou- veaux venus, ils n'étaient indépendants qu'en apparence; en fait et en droit,
ils étaient à la merci des Malinké maîtres du pays et, nécessairement, ils ne pouvaient faire valoir leurs réclamations que par les gens de Maré-m Fa. I)où la situation de jour en jour plus importante de ceux-ci, dont le rôle grandit au fur et à mesure que grandit le nombre de leurs congénères. La situation influente et privilégiée attira au Maré-m-Fa-siolou toute une clien-
tèle : des pauvres, des fugitifs, des gens de caste se recommandèrent à eux
et devinrent ainsi, suivant l'expression indigène, leurs « dyon' » ; d'autres, qui apportaient un concours important, purent prétendre à une situation plus relevée ; d'aucuns s'unirent à eux par le serment du sang avec toutes
ses conséquences ; d'autres, enfin, furent de véritables esclaves, obtenus par force ou par achat.
(3) D'après la tradition rapportée par M. Equilbecq, ce serait il y a quatre cents ans.