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296 MONOGRAPHIE IES KHASSONKÉ louaneant et contant tes exploits, je serai ton mabo. » Telle serait l'origine d'une de ces familles de mabo qui vivent aux dépens de ceux dont ils chantent les louanges. Chez les Khassonké la principale famille des mabo est celle des Dvakhité.

Les mabo sont des gens libres, frappés de certaines déchéances sociales : notamment, ils ne peuvent contracter mariage avec les gons libres purs. Toutefois, ils se considé-raient autrefois comme supérieurs aux numu et dyali et se mariant entre eux, formaient une caste fermée, aujourd'hui ils se départissent volontiers de ce rigorisme.

Le principe de continuité que nous avons exposé rend bien compte de cette situation spéciale faite aux mabo dans la société : leur ancêtre est volontairement devenu le serviteur d'un homme libre; les descendants de l'un et l'autre conservent toujours ces situations respectives, avec ce qu'elles comportent d'un côté d'obligation servile et de droit à l'assistance et de l'autre côté de droit de dominàtionet d"obligatiùn d'assistance.

Le mabo a pour fonction de louanger son maître: pour ce faire, il devient souvent l'historien de ses hauts faits et crée ainsi la légende familiale, dans laquelle se mêlent la fiction et la vérité car, pour donner plus d'ampleur à ses dires, le mabo exagère, embellit ; il débite ses louanges sous forme de mélopée en s'accompagnant avec une manière de guitare à trois cordes, huntin' : cet instrument le quitte si peu qu'il est pour ainsi dire le signe auquel on reconnaît le plus habituellement un mabo.

Le mabo est aussi le factotum que l'cm charge de toutes sortes de commissions : homme d'alTaires, majordome, confident; il est, en déliniti\e, intimement mêlé à tout ce qui se passe dans la famille de laquelle il dépend.

L'ancêtre mabo, en mourant, a laissé des descendants qui sont, par raison de continuité, les mabo des descendants de l'homme libre auquel cet ancêtre mabo s'était lié. Tous

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