CHAPITRE H
Lks Dyallo chefs du Khasso.
Les Dyallo légitimes.
Maré-7n-Fa.
Vingt années durant, Dyadyé (i) demeura seul de sa
race dans le Tomora : au bout de ce temps, un de ses pa-
rents nommé Maré-m-Fa Samba Dyallo vint le rejoindre.
Après avoir tenté vainement de ramener Dyadyé dans le Bakhounou, Maré-m-Fa (2) décida de rester, lui aussi, dans le Tomora. Dyadyé le traita avec beaucoup d'affec-
tion, mais les Malinké, le considérant comme étranger,
refusèrent de lui donner une femme. Alors Dyadyé lui dit un jour: « Comme les Noirs ne consentiront jamais à te donner une de leurs femmes, choisis celle de mes filles qui
te plaira, je te la donne. » Maré-m-Fa refusa.
(i) Sa résidence ordinaire élail à Gak.ou. L'on rapporte que, comme les Peuis du Bakhounou, Dyadyé portait d'ha- bitude les cheveux arrangés en tresses, mais lorsqu'il fut appréhendé parles sens de Kanti Fan sa coilîure s'était défaite et on le nomma, pour cette raison, Koun -dabali, c'est-à-dire «tête non coiffée ».
'2) Ce genre d'abréviation est fréquent et ne laisse pas que d'obscurcir beaucoup les récits indigènes. C'est ainsi que l'on dit couramment Ahmadou Cheikou, sans spécifier de quel Cheikh, Ahmadou est le fils, en sorte que l'expression peut, par exemple, désigner tout aussi bien Ahmadou fils d'Omar, qu'Ahmadou fils d'Ahmadou, seul le sens du discours dissipe le doute.