ORIGINK Kl HISTOIRE l5
Cet Oubobiliassi (i) était un caïd du temps de Mahomet : comme tous les caïds, il devait chaque année fournir au
Propiiète un certain tantième de ses troupeaux; une année,
il dissimula une partie doses richesses; Mahomet s'en étant
aperçu le chassa en lui disant : « Va, ta race sera maudite,
tes descendants seront des vagabonds. » En dernier lieu,
Oubobiliassi campa à l'est de Tombouctou ; là, il apprit la mort du Prophète et, cédant à la nostalgie;, il abandonna,
sans esprit de retour, la famille qu'il s'était créée en épou-
sant des femmes indigènes. Comme son nom était inconnu, on appela ses quatre fils chacun par le nom de sa mère;
ce furent les ancêtres des Dyallo, Dyakhité, Sidibé et San-
karé (2).
Quant à Ilo (3), auquel Dyadyé se rattache comme nous venons de le dire, certains de ses descendants ont formé la tribu peule des Irlabé et certaines autres la tribu maure des Ladoum.
(i) Aitération dialectale du nom Okba ben Yassiri donné par les lettrés in- digènes à l'ancêtre des Peuls.
(2) Les traditions indigènes relatives à l'origine des Peuls varient dans les
détails, mais toutes ont ce fond commun que les Peuls sont des métis issus des femmes indigènes unies aux guerriers qui, dans les premiers temps de l'Islamisme, vinrent jusqu'aux frontières du Soudan pour répandre la reli- gion musulmane par la force. Certains passages d'El Bekri donnent quelque
crédit à cette opinion. Nous avons publié sur ce sujet une note, parue dans
la Revue Africaine de 1911, avec à l'appui le texte arabe de la tradition et
sa traduction. Dans la Repue du Monde Musulman, M. Delafosse a examiné divers textes analogues sur le même sujet et pense qu'il s'agit là de tradi-
tions pré-islamiques, qui font remonter l'origine de cette population africaine
à des migrations sémitiques parties de la Mésopotamie, de la Syrie et de la
Palestine.
(3) Cet Ilo parait être celui-là même qui a laissé dans tout l'ouest africain
la renommée d'un monarque très puissant.
La tradition des Khassonké rattache à la même origine les almami du Pouta Djallon par un certain Amadi Tabara, frère d'Uo. La tradition des Peuls du P'outa Djallon ne corrobore pas absolument cette version tout en
faisant remonter jusqu'à Ilo le mouvement initial d'immigration peule dans
cette région. (Cf. Leprince, « le Labé », in Dépêche coloniale illustrée du
3i août 1907.) Enfin, il est acquis que les relations d'iio et de ses gens avec les maures Oulad Mbarek leurs voisins ont déterminé la formation de tribus de métis connus sous le nom de Ladoum. (Cf. Sarrazin, /es Races humaines au Soudan
français.)