Ij^. MONOGRAPHU: DES KHASSONKE
Kanti Fari lut, lui aussi, très étonné, car c'était la pre-
mière fois qu'il voyait un Peul. Il demanda à Dyadyé ce
qu'il savait faire et, comme Dyadyé lui répondait qu'il se
livrait exclusivement à l'élevage du bétail, Kanti Fari lui
conlia le soin de ses troupeaux. A titre de rémunération, Dyadyé reçut chaque année alternativement une génisse ou
un veau. Il reprit ainsi sa vie pastorale dans une quasi-in-
dépendance ; jouissant même, de la part des indigènes, de
la considération due à sa situation de berger du chef. Mais
il subissait d'autre part les inconvénients attachés à sa
qualité d'étranger : il parcourait librement le pays, en
quête des meilleurs pâturages, sans que nul voulût s'asso-
ciera sa vie; il demanda une compagne à Kanti Fari, mais
celui-ci ne voulut point donner une de ses sujettes à cet
étranger. Enfin, à la suite d'une razzia vers le Niocolo, les
gens de Kanti Fari ramenèrent une femme musulmane origi-
naire de Dyakha-sur-Bafing et qui pour cela fut surnom- mée Dyakhanké (i) : comme Kanti Fari et ses gens étaient
pa'iens, ils ne se firent point scrupule de donner à Dyadyé
cette femme convertie à une religion qu'ils détestaient, elle
se nommait Sira KhouUé Tima.
De cette union naquirent (2) deux filles : Altiné et Boy.
Les descendants de Dyadyé se trouvent actuellement aux
environs de Nioro et surtout vers Lakhamané.
Quant à lui, Dyadyé, il se rattachait à un certain Oubo-
biliassi par Amadou, Ilo, Dyadyé, Sadiga, Sannyéré, Bodeoul, Dété et Wondyé.
(i) Suivant une autre version, Kanti Fari ayant refusé de donner une femme à Dyadyé, celui-ci aurait racheté, moyennant une tête de bétail, une captive du village de Makhanyan.
Selon Rémy, Dyadyé épousa une captive peule qui se trouvait chez le chef
inalinké dont il était le berger. D'après M. Delafosse, les traditions qui ont cours à Kayes disent que les ancêtres des khassonké « auraient été un berger peul nommé Amadou Haoua et une femme bamana appartenant à une famille dont Amadou Haoua gardait les troapeaux ».
(2| Selon la tradition recueillie par Soleiliet, de ce mariage seraient nés
sept enfants : trois garçons et quatre filles.