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256 MONOGRAPHIE DES KMASSONKÉ 11 n"v a pas nécessairement qu'un dasili par village. Le village s'est souvent formé par la réunion de groupes venus à des époques dilïérentes; ou bien, dans un même village, des scissions se sont produites : dans l'un et l'autre cas, deux ou plusieurs groupes ont parfois des dasiti distincts et aussi des dasiti-tigo et diigu-tigo distincts.

-Mais rien n'empêche que les membres de confréries dilférentes fusionnent sous l'égide d'un autre dasiti commun.

11 arrive encore que certaine famille importante a, pour elle seule, un dasili qu'elle honore exclusivement, ce qui ne l'empêche pas de faire partie de la confrérie du dasiti du village.

Cet exposé permet de se rendre compte combien peuvent être complexes les affaires d'un village dans lequel cohabitent des groupes divers ayant des intérêts spirituels non moins que temporels parfois antagonistes.

Vovons comment, en pratique, s'exploite le domaine d'un dasiti.

Au début, le sol du village, aussi bien que le sol arable, est alloti par le dugu-iigo assisté du conseil des tuntigo.Vonv les terres, ce lotissement paraît avoir été effectué tous les ans, à l'origine, pour permettre à chaque famille de bénéficier à son tour des meilleures terres. Au cours des âges, les choses se sont modifiées, d'aucuns ayant préféré garder toujours le même lot; actuellement les lots sont devenus en quelque sorte héréditaires, chaque famille garde indéfiniment les terres qu'elle e>:ploite. La mise en jachère, jugée indispensable, n'est pas unecause de déchéance; par contre, l'abandon pendant plusieurs années et sans esprit de retour, justifie l'attribution à un nouveau bénéficiaire.

Parfois, les terrains particulièrement fertiles donnent lieu, encore de nos jours, à un lotissement annuel : tels sont les terrains d'inondation des bords du lleuve, des marigots et mares; souvent, aussi, la jouissance de ces terrains

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