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Dyadx'é pénétrèrent dans le parc au bétail pour faire choix
des animaux à abattre. Dyadyé leur lit recommandation
expresse de ne point touchera son taureau ; mais, soit pour
jouer un mau\ais lour à leur oncle, soit pour mettre à
exécution les projets de leur père, les jeunes ^^ens éf.;orgèrent
le taureau, à l'insu de Dyadyé. Informé, celui-ci dissimula
sa colère puis, la nuit venue, il mit le feu à la case des cir-
concis : tous périrent, tandis que, fuyant la vengeance de ses
proches, Dvadvé quittait furtivement le pays poussant
devant lui deux taureaux.
il erra longtemps. Un jour qu'il s'était endormi au creux
d'un baobab (i) pendant que ses taureaux paissaient, des
chasseurs malinké (2) l'aperçurent. Stupéfaits, à la vue de
cet homnie si différent d'eux-mêmes, ils revinrent en hâte
auprès de leur chef, nommé Kanti Fari Modi Borama Sous- sokho (3), qui résidait à Sabou-siré (4) (Tomora) ; ce chef
envoya une trentaine d'hommes qui, guidés par les chas-
seurs, s'emparèrent de l'étranger et le lui amenèrent.
(1) D'où le nom de Bambérangola, dérivé, nous a-t-on ariirmé,du moi bamba = baobab et qui doit se traduire « les gens de celui du baobab ».
J'estime qu'il faut placer à la fin du seizième siècle l'existence de ce Dyadyé. en tenant compte de ce que Séga Doua vivait au temps de Brue. C'est ap-
pro.ximativement l'époque indiquée par le commandant Rémy : « la tradi-
tion rapporte que vers 1600... » D'après M. Delafosse (t. I, p. 289^6 peuple Khassonké aurait pris nais-
sance « vers la tin du onzième siècle par suite du mélange de certaines frac-
tions peules avec des autochtones du Haut-Sénégal. Ces autochtones étaient vraisemblablement des Ragoro sur la rive nord du fleuve, des Malinké sur
la nve sud; les Soninké du (juidimakha et du Galam durent aussi fournir un élément appréciable ainsi que plus tard les Maures du Sahel ».
(2) Les Malinké n'étaient point les autochtones de la région, ils étaient venus là un siècle ou deux auparavant. « Conduits par un certain Moussa Makhan Soussokho, ils avaient envahi le Logo et, aidés par les Kouroumcva.
en avaient expulsé les Gourgoulou, indigènes de petite taille analogue aux
pécheurs du Niger. » ^Rémy.*,
il convient de signaler qu'il y a dos pêcheurs du Niger nommés kou roumey, vers Say, et que chez les Soninké il existe des K.ourgoumé-si.
(3) Le plus souvent, l'on entend dire simplement Kanti Kari ; d'autres
fois Farimaké Amadi-Boroba, ce qui signifie : le chef Amadi-le-Barbu.
(4) Les villages de ce nom sont nombreux. Sabou-siré serait, m'a-t-on dit,
le nom donné à la résidence que l'on adopte définitivement après avoir plu-
sieurs fois tenté de s'établir ailleurs sans succès.