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238 MONOGRAPHIE DES KHASSONKE et sans enfant ; lautre avait ou plusieurs enfants qui tous avaient été «mangés», à son insu, par sa compagne ; un seul restait qui marchait à peine.
Un jour, la mère alla chercher de l'eau et laissa son enfant à sa compagne. Celle-ci saisit l'enfant par une jambe, le jeta dans un mortier et, brandissant un pilon, se préparait à brover l'enfant, pour le manger plus facilement, quand, tout à coup, le petit sourit et lui tendant les bras lui dit : « Petite mère, laisse-moi vivre et je rirai pour toi. » Et la sorcière émue le laissa vivre.
Par cela même qu'il a pour mission de découvrir les esprits du mal, le gankuraufo doit être versé dans la connaissance des pratiques divinatoires. Chacun, à cet égard, a des movens multiples, mais les chants et les danses sont combinés, le cas échéant, pour amener l'extra-lucidité. Le i];ankurango sait donc acquérir à son gré — à ce que l'on affirme, du moins — une seconde vue.
Son rôle, dans la circoncision, nous le montre agissant comme doué d'un pouvoir mystérieux et investi d'une manière de sacerdoce.
Le huitième jour avant l'opération, de grand matin, le gankurango réunit tous les jeunes gens : ceux circoncis au cours des années précédentes et ceux qui vont l'être ; à la tête de cette bande il va à la recherche de l'arbre qui formera le pilier central de la case des circoncis {pire), ce pilier est appelé birimakho: le maître du bire.
Le birimakho est le tronc d'un gèno Pterocarpus rinaceus de movenne grosseur, présentant cette particularité de se bifurquer à i m. 5o environ du sol et de telle façon que le soleil, dans sa course, passe sur le milieu de la fourche, dont une branche est ainsi dirigée vers le nord et l'autre vers le sud : cette orientation assure à l'arbre des vertus spéciales.
Pour arriver jusqu'à ce gèno. le gankurango agit comme