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236 MONOGRAPHIE DES K.HASSONKE de vaches, insigne habituel des individus qui s'occupent d'occuhisme.
Au cours de ses exercices chorégraphiques, le gankurango fait toujours usage d'une sorte d'épée courte à lame droite.
Le gankurango est forgeron de caste, il s'instruit par la pratique, à l'école de son père le plus souvent. Pour les veillées où doit paraître le gankurango, une batterie spéciale de tambour convoque d'abord l'assemblée: lorsque celle-ci est suffisamment compacte, tous les musiciens s'en vont en corps chercher le gankiwango qui est dans une case proche du bera. Il s'annonce en criant : «Quel est l'homme assez intrépide pour enlever le tamtam d'or de Kolibantan dans le Nyani? (i) » L'un des griots répond : « Avance un peu et tu le verras ?» Le gankurango fait quelques pas et répète sa question, qui reçoit la même réponse ; à ce jeu répété, il arrive peu à peu au centre de l'assemblée. Là, il entonne un refrain que les femmes griotes reprennent en chœur et il se met à danser au rythme de sa propre chanson.
Tout à coup, il s'arrête, face à l'orchestre, et, de sa voix nasillarde et aiguë, il lance un nouveau refrain, aussitôt répété par les femmes, tandis que, d'une allure souple, il repart en faisant tournoyer son sabre et débitant une nouvelle histoire.
De temps à autre il s'arrête, fatigué, et cet entr'acte est mis à profit par les jeunes gens, impatients de s'agiter.
Mais, le gankurango reparaît et chacun reprend sa place, pendant qu'il commence une nouvelle histoire.
Vraiment, à la lueur blafarde de la lune ou à la clarté falotte d'un feu de tiges sèches de mil, ces récits ont un charme attirant, et le silence quasi-religieux decette assemblée, qui regarde et écoute, impressionne.
(i) Allusion probable à l'expédition que Dyouka Sambala tenta contre le Nyari, sans succès.