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LA KAMILI.I-: 229 lour d'un bâtonnet qui porte un pompon et de menus objets (grelots, amulettes musulmanes) ; les bords de l'étoffe n'étant pas cousus sur une petite longueur à hauteur du visage, l'homme peut suffisamment voir par cette fente, tout comme il le peut entre les lanières de son costume nocturne. Ce costume, diurne ou nocturne, n'est pas un travestissement burlesque destiné à amuser les badauds : il transforme l'individu au point que, par ce seul artifice, il se trouve comme retranché de l'humanité ambiante.
Le mama-dyombo est comme le jouet d'une puissance supérieure en lutte avec les esprits du mal, pour le bien de l'humanité; tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit traduit en quelque manière les phases de ce combat. Les femmes, qui reprennent en chœur les refrains de ses chansons, se pré-tendent en butte aux tourmentsque leur infligent lesesprits malmenés par le mama-dyombo et, pour cette raison, celuici a beaucoup de peine à recruter ces auxiliaires. Le mama-dyombo n'est pas recherché seulement pour les fêtes de l'excision, il est appelé chaque fois qu'un malheur ou une calamité nécessitent sa présence. Il est la terreur des femmes, car elles sont ses ordinaires victimes. Dans les fêtes de l'excision, il apparaît comme le gardien vigilant et indispensable, car, aflirme-t-on, les esprits malins sont très friands de la chair des jeunes fillettes.
Tous les soirs, au coucher du soleil, les jeunes opérées s'asseoient à terre devant la porte de leur case, l'une contre l'autre, les jambes allongées ; leurs amies viennent se placer en face d'elles et les jeunes gens se mettent aussi de la partie, accentuant par leurs taquineries et leurs facéties, la gaîtê qui règne bientôt.
Les jeunes amies des opérées chantent en battant des mains, quelques-unes dansent et les fillettes, qui ne quittent pas leur position, battent aussi des mains, et, d'autre part, comme elles agitent les jambes selon le rythme, la place de leurs talons se trouve marquée par deux sillons.