Facsimile · p. 233
LA FAMILLE 21 I (Je l'entourage du défunt se croient obligés de manifester bruyamment leur douleur — vraie ou simulée — dans la pensée de détourner d'eux la malignité et la malveillance de ceux qui, pour leur nuire, ne manqueraient pas d'arguer de leur inditVérence apparente comme d'un indice de culpabilité. C'est pourquoi le décès est annoncé à tius par les clameurs des femmes surtout.
Aussitôt, chaque parent et ami s'empresse à la maison mortuaire pour dire le mot de condoléance. Quant aux cérémonies qui suivent, elles varient beaucoup : parfois l'on fait venir trois hommes, choisis parmi les gens âgés ; l'un lave le corps, l'autre le frotte et le troisième l'essuie. Les parents offrent alors des pagnes, en plus ou moins grand nombre, suivant leur état de fortune; le cadavreest entouré de trois pagnes blancs, les autres pagnes sont partagés entre les personnes qui ont fait la toilette du mort.
D'autres fois, on appelle un captif de case pour effectuer la toilette mortuaire et, en guise d'honoraires, on lui donne du mil et les effets que le défunt portait au moment du décès.
Quoi qu'il en soit, le corps une fois lavé, on agite des pagnes tout autour pour en activer le séchage, on pense qu'un cadavre enterré humide cause une épidémie de corvza dans toute la région environnante.
En tout cas, si le mort a des cheveux nattés, ces nattes sont soigneusement défaites.
Bien sec et enveloppé dans des pagnes blancs, le cadavre est prêt pour l'inhumation qui suit le décès de très près. On porte le cadavre au bord de la fosse qui a été creusée, on l'y descend, la tête au nord, la face à l'est s'il était musulman.
Puis, la veuve — la miiso J'olo s'il y a plusieurs veuves — qui a suivi le convoi, sans témoigner d'autre affliction que celle qu'elle éprouve ou tient à simuler,