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igS MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ le ùitur, elle se réserve une vieillesse choyée et honorée, auprès d'un lils puissant et riche. Mais toutes les sina ne peuvent pas espérer de tels résultats et beaucoup évitent au contraire la maternité. Tant qu'elle n'est pas mère, en elTet, la si}ia peut divorcer sans regret: certaines aiment évidemment à se réserver cette facilité. Quand elle a des enfants, la sina ne se résout que très difficilement à rompre le lien conjugal parce que. dans tous les cas, celte rupture comporte pour elle abandon des enfants au mari ou à la famille du mari.
Pourtant, il est des sina pour lesquelles la maternité est une quasi-obligation, ce sont les taj-a : pour elles, en effet, la maternité, c'est la liberté. L'esclavage remédie ainsi, dans quelque mesure, à un mal engendré par la liberté.
C'est grâce aux iai'a, souvent, que les familles comptent beaucoup d'enfants ; la (ara qui est, parfois, l'épouse mé-prisée, est donc l'épouse qui assure !a pérennité des familles.
Dans le ménage elle est, en outre, l'épouse utile, par nécessité d'ailleurs, puisque n'ayant pas de serviteur elle est contrainte à tout faire elle-même, grosses et petites besognes. Ce travail, qui la rabaisse aux yeux de tous, lui garantit une certaine indépendance, que ne connaissent point ses compagnes.
Les sina plus ou moins dotées tiennent à honneur de ne rien faire, oisives et coquettes elles passent le temps en bavardages et en intrigues, se confiant aux soins de leurs serviteurs qui, généralement, ne sont fidèles et dévoués que dans la mesure du profit qu'ils escomptent.
D'ailleurs, il est bien entendu que ce n'est pas parce qu'elle est lava ou légitime que l'épouse est vaillante ou paresseuse, mais la première a des stimulants qui l'obligent à l'être et la seconde a des raisons de ne l'être pas et, cependant, les sina légitimes, bonnes épouses, bonnes mères, travailleuses et entreprenantes ne sont pas rares, quand l'union conjugale est bien assortie, car tout est là.