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LA FAMILLE 195 11 n'est pas sans intérêt de remarquer que, dans une s(-ciélé, où le célibat des mâles est inexistant — comme c'est le cas pour les Khassonké — la polygamie ne saurait être et se maintenir que par la prédominance du nombre des femmes sur le nombre des hommes. C'est, en elî'et, ce qui apparaît: chez les Khassonké, non moins que chez leurs voisins, il y a, peut-être, deux fois plus de femmes que d'hommes. C'est, sans doute, un résultat des guerres, qui, pendant des siècles, ont dévasté l'Afrique occidentale et dé-cimé principalement la pt)pulation masculine; toutefois, il est aussi de constatation facile que, parmi les nouveau-nés, les lilles sont en majorité et qu'enfin diverses causes assurent la persistance des tilles sur les garçons. La polygamie est donc révélatrice d'un problème très grave si, comme l'affirment les sociologues, l'accroissement disproportionné du nombre des naissances féminines est un signe de dégénérescence ethnique.

A quoi, dans le cas présent, faut-il attribuer ce phénomène ? D'aucuns ont présenté la polygamie comme le cadre d'une concupiscence charnelle naturelle à l'indigène: l'observation attentive ne corrobore pas cette assertion, en tant que règle générale.

Il apparaît, par contre, que la polygamie conduit à la luxure, qui provoque un alVaiblissement de la virilité. Le mari est tenu de se comporter — sexuellement parlant — d'une manière identique à l'égard de chacune de ses épouses; à tour de rôle elles partagent sa couche et, comme chacune ne manque pas de tirer vanité de la moindre faveur qu'elle peut croire spéciale, il s'etïorce de les traiter pareillement, s'il est soucieux de la paix conjugale 1 Par là s'expliquent facilement les demandes d'aphrodisiaques que les indigènes adressent fréquemment aux Européens; peut-être, l'usage immodéré du piment dans l'alimentation provient-il de cette même cause ; en tout cas, il est courant que l'épouse s'ingénie à exciter les désirs de l'homme,

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