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194 MONOGRAPHIE DES KHASSONKF.
trier et filer le coton ; prendre soin des enfants et, par-dessus tout, participer dans une large mesure aux travaux des champs.
De son côté, le mari s'emploie aux travaux agricoles, fabrique tout ce qu'il peut pour les besoins de la maison, échange une partie de la récolte pour obtenir ce qui manque... Bref, en travaillant bien Tun et Tautre, les deux époux, réduits à leurs seules ressources, ne peuvent avoir qu'une vie difficile, qui tourne à la misère dès que quelque calamité survient ; simplement même, quand la situation se complique d'enfants en bas âge, la femme ne peut plus suffire.
La venue d'une nouvelle épouse est donc désirée au moins autant par la femme que parle mari. La première épouse, miiso-folo, joue alors un rôle prépondérant ; même si le mari accorde plus volontiers ses faveurs à la seconde femme, la ;nuso-/o/o demeure la directrice du ménage et sa compagne lui est subordonnée pour toutes les questions domestiques : elle l'emploie, d'accord avec le mari, à diverses besognes, ce qui l'allège d'autant. La polygamie permet donc la division et, par suite, un plus grand rendement du travail, d'où une certaine aisance.
Mais, cette raison économique, peut-être fondamentale, n'est pas la seule: la polygamie satisfait non seulement à cette loi du moindre effort, dont nous sommes tous tributaires, maisencore autres grand besoin d'ostentation du Noir.
On comprend, en effet, que la monogamie n'aboutissant, en principe, qu'à la gêne ou à la misère, le fait d'avoir plusieurs femmes affirme aux yeux de tous un état de richesse et de prospérité qui flatte l'orgueil du mari.
Aussi, malgré ce sage précepte indigène qui veut que l'homme ne prenne pas plus de femmes qu'il ne peut en entretenir convenablement, l'on voit, dans les grands centres surtout, certains indigènes tirer personnellement profit de leur gynécée.